26.02.2008
Kosovo-Metochie, 600 ans de martyr
Arrivés dans le sillage des Indo-européens, les Serbes (Sorabes) arrivent au Kosovo au VII ème siècle, alors territoire de Byzance peuplé essentiellement de Dardanais romanisés. Convertis au christianisme durant le IXème siècle, ils obtiennent de Byzance la charge des Fondations pieuses, leur donnant pour mission d’établir églises, monastères, ermitages, et leur corollaire en des hôpitaux et des orphelinats. La Serbie devient un Etat autonome dès le XIIème siècle, suite aux traités convenus par Stéphane Nemanja (1114-1200) avec Byzance. Aussitôt, le Kosovo et la Metochie deviennent le centre politique et spirituel de la jeune nation, reprenant les centres religieux et administratifs byzantins de Prizren et Lipljan (futur diocèse de Gracanica). Les chroniqeurs de l’époque ne sont autre que les propres fils de Nemanja, Saint-Sava et Stéphane le Premier, attestant le rôle prépondérant des palais royaux du Kosovo (Pauni, Stimjla, Petric…) dans l’organisation du Royaume n’ayant encore pas de capitale.
L’Eglise orthodoxe Serbe devient autonome en 1219, par l’établissement d’un Archevêché composé de 10 diocèses, transféré dans la Grande Eglise du Christ Sauveur à Pec ( Kosovo) dès 1253, qui deviendra Patriarcat en 1346.
Les Ottomans, dans la foulée de la prise de Constantinople (1453), continuent leur progression vers l’Occident et obtiennent la reddition de Vukašin Mrnjavčević, roi de Serbie, à la bataille de la Maritza en 1371. Dès lors, le Royaume évangélisé par Cyrille et Methode, se trouvant en première ligne face au monde musulman, ne connaîtra guère de répit.
Le 15 juin 1389, c’est au tour du Prince Lazare de s’incliner, lors de la mythique et héroïque bataille de Kosovo Polje, connue sous le nom du champ des merles.
Lorsque les turcs prirent totalement le Kosovo-Metochie, en 1455 à la chute de Novo Bdro, ils procédèrent à un premier recensement[1], où ne figuraient que 3% d’Albanais.
Au XVIème siècle, l’occupation turque ne peut toutefois faire table rase de l’identité du Kosovo. Des recensements turcs de 1525/6 et 1544/5 réalisés sur le territoire de Cicava, petite portion du Kosovo appelé la « Montagne Sainte Serbe » font mention de « 52 églises et monastères au total », dont 36 sont encore identifiables aujourd’hui. Rien que dans la ville de Prizen, ces mêmes recensements relevaient 26 églises. En 1999, à l’arrivée de l’Otan, Prizen est passée de 8500 habitants serbes à 60, et de 13 églises en fonctionnement à... aucune.
Le Grand Exode des Serbes, en 1690, suit la défaite des armées chrétiennes, autrichienne et serbe, par les forces turques qui, appuyées par des Tatares et des Albanais, procèdent à des expéditions punitives notamment au Kosovo, où la population civile est soit tuée, soit déportée en Turquie pour finir en esclavage, tandis que les églises et les monastères sont vandalisés.
Le patriarche Arsène III Crnojevic négocia alors avec Vienne l’accueil de 37 000 familles, autorisées à pratiquer leur culte chez l’empereur d’Autriche.
Le Grand Exode a laissé d’innombrables témoignages dramatiques de contemporains des évènements. Un chroniqueur italien, Simpliciano Bizozeri rapporte : « Ne rencontrant pas d’obstacles à leur bestialité, les mahométans forcèrent les Serbes, retranchés à Novi Pazar, à chercher leur salut au monastère de Studenica. Simultanément, arrivèrent les Turcs venant de Bosnie et les Tatares de la plaine du Kosovo. Les chrétiens avaient été chassés de Prizen, Pec, Vranje, Vucitrn, Mitrovica […] Après avoir égorgé tous les habitants, on mit le feu et on transforma en cendre leurs pauvres cabanes.Ne furent épargnées que les villes de Pristina, Pec et Prizren, car venaient s’y installer les Albanais en vue de passer l’hiver »[2]
Un manuscrit du monsatère de Decani (n° 97, feuillet 16) rapporte :« Les Turcs et tatares ne semaient que terreur et tristesse. Et lorsque les Musulmans prirent le contrôle, un certain Gasli-pasa s’attaqua au monastère de Decani et laissant l’higoumène à peine vivant et le monastère complètement délabré. »[3] après avoir précisé que femmes et enfants furent séparés, les jeunes réduits en esclavage et les plus vieux assassinés.
(photo : Liturgie au Monastère de Decani)
Jusqu’au XVIII, malgré ces tourments, la population serbe reste ultra-majoritaire. Les albanais vont progressivement arriver de leurs montagnes sur la plaine du Kosovo et en Metochie, et, forts de leur statut de janissaire ou de leurs organisations en cetas (détachements) , se mettent à piller et à convertir de force les chrétiens.
Le second exode le plus important des Serbes du Kosovo et de Metochie survient en 1737, au lendemain de la défaite des autrichiens, qui est suivie par une vague de persécution au Kosovo, avec le départ du patriarche serbe Arsène IV.
500 000 serbes auraient quitté la Vieille Serbie au cours des XVIII et XIXème siècle selon les historiens.
Une lettre poignante de l’higoumène de Decani, au nom de la population opprimée du secteur de Pec, adressée au Sultan, résume la situation au milieu du XIX ème siècle. Il se plaint « des actes de tyrannie et des abus des Albanais, qui dépassent toute mesure ; si on n’y met pas fin, nous serons forcés de nous exiler de notre propre pays, abreuvé du sang de nos ancêtres, et quitter nos foyers…Car nos sanctuaires eux-mêmes ne sont pas laissés en paix de la part des malfaiteurs. Il n’y a pas de foyer chrétien qui n’ait été pillé, il n’y a pas de village, de ville, ni d’église ni de monastère qui n’a pas été exposé à la violence… »[4]
Les témoignages historiques sont innombrables, ils sont tous du même acabit. On se bornera à citer les grands mouvements d’épurations :
Au cours de la période 1880-1912, 150 000 serbes environ furent chassés du Kosovo.
Lors de la première guerre mondiale, les Albanais alliés aux Allemands occupèrent la Serbie vaincue, et une insurrection serbe fut rudement réprimée, jusque dans le monastère de saint-Marc de Korisa, où la population s’y réfugiant fut massacrée. Pas moins de 22 hiérarques de l’église orthodoxe, métropolites, hieromoines et archiprêtres furent méthodiquement assassinés lors de l’occupation de 1915-1918.
Lors de la seconde guerre mondiale, les exactions redoublèrent d’intensité. Les albanais, alliés des forces de l’Axe, ont obtenu l’annexion du Kosovo dans une Grande Albanie mythifiée. Stefano Fabei dans son étude magistrale « le Faisceau, la Croix Gammée et le Croissant » (Editions Akribeia, 2006) explique :
« un Comité albanais du Kosovo organisa une campagne d’épuration ethnique contre les Serbes orthodoxes qui habitaient dans la région du Kosovo et dans celle de Metohija. Cet appel au djihad contre les Serbes chrétiens fut lancé par Bedri Pejani, chef musulman du Comité national albanais, qui demanda l’union de la Grande Albanie avec la Bosnie, l’Herzégovine et le Sandjak au sein d’un grand Etat islamique. Les Allemands refusèrent toutefois cette revendication apparemment soutenue par le Mufti » page 365 (ndlr : Al-Husseini, le Grand Mufti allié à Hitler)
Après la chute du fascisme en juillet 1943, les forces albanaises se rangent derrière Hitler : les volontaires du Kosovo rejoignent le XXIème Gebirgs-Korps occupant le territoire, et 7 000 albanais s’engagent dans la 21ème division de Waffen SS.
Himmler constitue en avril 1944 une division SS de montagne connue sous le nom de « Skanderberg » nom d’un héro national du XVème siècle. Stefano Fabei précise :
« Le recrutement fut effectué par le Parti nazi albanais […] il était prévu de recruter majoritairement des éléments kosovars, car, de l'avis des hautes instances des SS, les Albanais du Kosovo descendaient d’anciennes tribus aryennes et faisaient les meilleurs combattants […] La division fut parrainée par Mustafa bey Frashery, chef politique et religieux de la communauté islamique albanaise » page 365
Le drapeau de ces troupes ? L’aigle bicéphale noir sur fond rouge, symbole de la Grande Albanie, que l’Union Européenne aimerait changer comme pour exorciser ses propres turpitudes…
L’occupation albano-nazie a provoqué l’expulsion de plus de 50 000 civils serbes du Kosovo, la destruction des monastères de Devic, de Saint Marc de Korisa, le pillage de celui de Gracanica. L’église du monastère de Gorioc servit aux albanais de prison pour y enfermer les serbes. Les églises incendiées furent celle de Saint-Pierre près de Prizen, celles de Bistrazin et Seremet, de Donj Ratis, de Ponosevac et Rastavica etc. (mon document de travail en cite 17 avant de mettre Etcetera).
La Yougoslavie de Tito a interdit, lors d’une session parlementaire en date du 6 mars 1945, le retour au Kosovo-Métochie des Serbes chassés par les Albanais au cours des précédentes guerres. Tito renforça l’immigration Albanaise, et ira jusqu’à parrainer chaque cinquième enfant des familles albanaises. Pendant la période communiste, fut octroyée au Kosovo le statut de Région autonome puis de Province autonome effectif à partir de 1968, qui eut pour conséquence d'exclure les Serbes, ormis quelques faire-valoir du PC, de la gestion des affaires . Les communistes couvraient les crimes et les exactions des albanais, et réduisaient au silence l’Eglise orthodoxe. Entre 1966 et 1971, 35 000 serbes furent chassés du Kosovo. Le mouvement s’accéléra entre 1971 et 1981, où 220 000 Serbes furent chassés de leur terre. Le point d’orgue des persécutions, avec son lot de profanations de lieux Saints, culmina lors du 16 mars 1981, avec l’incendie par des Albanais du Patriarcat de Pec, qui abritait 60 moniales. Les autorités communistes s’efforcèrent de cacher ce crime pendant un an.
Un Appel pour la défense de la population serbe et de ses lieux saints du Kosovo et de Métochie, signé par 21 prêtres et moines orthodoxes, fut alors publié au nom de tout le clergé du Patriarcat Serbe dans une perspective d’apaisement :
« Dieu nous est témoin ainsi que notre conscience : nous ne voulons aucun mal aux Albanais et souhaitons simplement que notre peuple et nos sanctuaires soient protégés…Aux Albanais nous ne voulons que du bien, nous le disons devant Dieu »
Irréprochable, l’Eglise orthodoxe Serbe du Kosovo s’est toujours désolidarisée du communisme même après l’arrivée de Milosevic. Lors de son Memorandum publié en mai 1992, l’Assemblée des évêques serbes affirmait : « L’Eglise orthhodoxe serbe et le peuple serbe n’ont jamais été partisan du communisme athée ni de toute autre idéologie totalitaire… »
Le danger de la « Grande Serbie » est une pure propagande albanaise, reprise servilement par les médias de la zone Otan, complètement ignares de l’histoire serbe. Le danger imaginaire de la « Grande Serbie » était aussi agité par les communistes, dont Milosevic, pour mieux oppresser le peuple Serbe. Milosevic qui joua un jeu dangereux en fermant les yeux face à l’émergence de groupes armés albanais, dont les excès et les méthodes terroristes le contraindra à faire intervenir les Forces régulières serbes.
Malgré sa neutralité, coincée entre les Forces serbes communistes et l’UCK organisation considérée terroriste à juste titre (même par les Etats-Unis avant de financer le mouvement !), malgré sa bienveillance à l’encontre des victimes civiles albanaises (plusieurs monastères orthodoxes ont organisé lors de l’hiver 1998-99 une aide humanitaire pour les Albanais, ouvrant leur portes à l’image de celui de Decani), l’Eglise orthodoxe serbe a continué d’être persécutée après le retrait des Forces serbes, jusqu’au point culminant de mars 2004, alors qu’elle n’a été mêlée ni de près ni de loin à la guerre.
(Eglise de la Sainte Trinité à Petric, détruite en 1999 par les Albanais)
Parmi les nouveaux ennemis de la Serbie, on notera avec quelle couardise la France, pourtant l’alliée historique, a rejoint l’Allemagne et les Etats-Unis dans la folle aventure de 1999. Les services allemands, le BND, avaient installé dès 1996 une importante station à Tirana avec pour directeur Hansjorg Geiger, et une autre à Rome, pour sélectionner et entraîner les combattants de l’UCK. Le Militaramschirmdienst et les forces spéciales des KommandosSecialkrafte (KSK) entraînaient d’autres membres de l’UCK dans les monts de Mirdita au nord de l’Albanie. Toujours en 1996, l’adjoint du chef du BND Geiger, Rainer Kesserling, fils du général de la Luftwaffe responsable du bombardement de Belgrade en 1941 qui fit 17 000 morts, contrôlait l’entraînement par les KSK des recrues albanaises dans une base turque à Izmir...l'histoire se répète.
La France, elle, s’humilia dans une telle alliance, en devant acheter les munitions de ses Super-étendarts aux américains, et n’opérant que de jour, ses avions de chasse n’étant même pas équipés de vision nocturne. Pour finir d' abbattre une armée exsangue et mettre 500 000 serbes au chômage, les infrastructures économiques servant de cible, il y a des repentis qui se sont suicidés de honte pour moins que cela.
Non que la France eut à se ranger aveuglément aux côtés de Slobodan Milosevic, mais en s’alliant à une organisation mafieuse, christiannophobe et terroriste, elle a contracté une dette sanglante envers le peuple Serbe resté fidèle à son Eglise.
Joachim Véliocas, Observatoire de l’islamisation, février 2008.
Photos : Kosovo.net
Document de travail principal : Memorandum sur le Kosovo et la Metochie, de L’Assemblée des évêques de l’Eglise Orthodoxe Serbe, édité par le Saint Synode des Evêques de l’Eglise orthodoxe Serbe. Mai 2003.
[2] Simpliciano Bizozeri, La Sacra Lega contro la potenza Ottomana, II, Milan, 1700
[3] Lj. Stojanovic, Vieux récits et inscriptions serbes, 3ème livre, n° 5302
[4] L’higoumène de Decani Serafim Ristic a rassemblé et édité dans un ouvrage à part les plaintes poignantes des Serbes du Kosovo et de Metochie à la suite des agressions commises par les Albanais et les Turcs. Ce livre de témoignage a reçu le titre caractéristique de « Pleurs de la Vieille Serbie », Zemun, 1864 , où on trouve le témoignage cité.
22:38 Publié dans 28- Dossier Balkans | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen, ump, ps, modem, sarkozy, france, royal

















Commentaires
Félicitation! Publier ce mémorandum sur votre site n'est que justice pour cette province dont l'essence vient d'être dépouillée par les Etats-Unis ses alliés. Malheureusement, ils ne sont pas les seuls responsables, mais dans un monde ou le matérialisme domine nous n'écoutons point les hommes de l'Eglise. Ceci n'est qu'un exemple du dégat communiste et également de la perte des valeurs européennes.
Ecrit par : Srdan | 26.02.2008
Mdr la propagande ! Déja le kosovo ou son nom albanais " DARDANIA " à toujours et seras toujours albanais ! Allah les frustrés, ne soyez pas triste bientôt sa seras l'ile-de-france , mais eux c'est des arabes et des noirs et donc ils vont tout détruire pour faire comme dans leurs pays à savoir vivre dans la merde ! Ne crachez pas sur nous vos fréres de sang européen et BLANC !
SACHEZ qu'il y plus de mosquées et d'islamisation en france que chez tous les albanais ou dans tout le kosovo et albanie réunis ! :)
Ecrit par : Albanais | 27.02.2008
Dans les commentaires de ce site, il y a que du mépris des uns et des autres...
Ecrit par : Didi | 27.02.2008
Albanais, tu es pitoyable et stupide, les turques lors de leur recensement affirment que de 1% à 3% d'Albanais vivaient au Kosovo-Métochie en 1455 et toi pauvre ignare tu oses nous affirmer c'est une terre Albanaise. A oui j'oubliais les Slaves ont envahis la terre Albanaise. Heureusement que le ridicule ne tue pas.
Si le Kosovo fut une terre Albanaise, pour quelle raison les Albanais ne purent pas effacé toute trace de la culture serbe, car après tout après plusieurs siècles de collaboration avec l'occupant turque et malgré cela, tous les toponymes, tous les lieux au kosovo et Métochie sont d'origine serbe, toutes les églises, monastères et monuments sont Serbes. A oui j'oubliais ce patrimoine culturelle est en fait Albanais et les Serbes ont usurpé cette histoire Albanaise ; donc tout en sachant que ce patrimoine est Albanais ceux-ci à la moindre occassion notamment en 1999 et en 2004 n'ont pas hésité à incendier et détruire leur "propres patrimoine culturelle" la stupidité de leur discours est vraiment risible. Je plain ce peuple malade, collaborateurs des turques, collaborateurs des Allemands durant les deux guerres mondiales et surtout collaborateur avec le régime stalinien de Tito. "fasciste une fois, fasciste pour toujours".
Que dire d'un peuple qui soutien en masse des criminels de guerre et islamistes reconnut tel que Hasim Thaci, Agim Ceku et Haradinaj. Ce peuple c'est prostitué durant toutes ces différentes occupations, c'est à gerber.
Ecrit par : Marco | 29.02.2008
Didi, aucun mépris la dedans, lorsque des ignares pratiquent un ethnocide culurelle en niant les faits historiques sur le Kosovo et Métochie, lorsque des crétins nous disent que le Kosovo est une terre Albanaise ainsi que tous les monuments et lieux historiques mais ne se genent pas d'incendier et détuire ce même patrimoine, et bien qui méprise l'autre et qui se fous de la gueule du monde ? Qu'attendre d'un peuple qui voue un culte à des islamistes ayant collaborés avec Bin Laden et Al Qaida durant les années quatre vingt dix. A gerber leur attitudes de négationnistes.
Ecrit par : Marco | 29.02.2008
les Turcs n'ont jamais comptabilisé les Serbes ou les Albanais, ils ont comptabilisé les Orthodoxes et les catholiques ! il n'y a jamais eu de resencement mais l'établissement d'un cadastre.
Parmi les orthodoxes, il y avait de nombreux Valaques et aussi ... de nombreux Albanais puisqu'à l'époque, il y avait un phénomène, au Monténégro et en Albanie, de slavisation des Albanais (et oui, c'est bien de citer des defters mais encore faut-il analyser l'antroponymie des defters ! ) Comment penser que le defter puisse fournir des chiffres précis (en pourcent ! loooll) et que les Valaques et les Albanais aient pu être comptabilisés de manière fiable alors qu'une partie d'entre eux étaient nomades (réduits à cet état par l'invasion slave) et qu'un autre était orthodoxe et soumise à la slavisation ? En 1346, une chrysobulle du roi Stefan offre 9 villages expressément qualifiés d'Arabanas et ces villages se trouvent dans la commune de Suva Reka ... on trouve aujourd'hui pratiquemment que des noms slaves danbs la commune, sauf un: Gjinoc ! (Djinovce) ! c'est un toponyme albanais, mais slavisé (on le voit à sa terminaison). Quelqu'un peut-il m'expliquer cela ?
Dasinovac, Ljumbarda, Makrmalj, Maljevica, Djocaj, Djonaj, Karasindjerdj sont des toponyme albanais, de même que Ujmirë (ce dernier apparait dans les cadstres ottomans, et est cité sous cette forme ! la première fois que sa forme slave apparait c'est au début du 20 ième siècle, traduite de l'albanais : dobra voda).
Ecrit par : de passage | 11.06.2008
Marco, pourrait-on avoir un lien sérieux, une preuve que l'UCK était islamiste ... en réalité, l'UCK a été créée par des admirateurs d'Enver Hoxha ... athées ! :/ Nous savons que le mot "islamiste" est à la mode en ce moment, et pourtant, quand on va au Kosovo et qu'on ne voit quasiment pas de femmes voilées (et celles qui le sont de vieilles dames pour l'immense majorité) on a du mal à vous croire.
Ecrit par : répond à marco | 14.06.2008
Kosovo: des Serbes mentent, des gens meurent
par Stephen Schwartz, Jewcy, 21 février 2008
[Note du rédacteur en chef: Aujourd'hui, une manifestation de masse contre les Etats-Unis et le Kosovo a dégénéré à Belgrade. Les protestataires ont mis le feu à l'Ambassade des Etats-Unis.]
Maintenant que le Kosovo a proclamé son indépendance et se retrouve au centre de l'actualité mondiale, il est instructif, même si on en demeure abasourdi, de voir comment les mensonges propagés par le régime fasciste de Milošević et ses prédécesseurs impérialistes grand-serbes se recyclent, et s'acceptent largement, de nouveau, dans les médias du monde. Les Serbes ont de nouveau manifesté leur fantastique capacité pour se réinventer en victimes là où ils se sont conduits en assassins et en criminels.
Examinons donc les 10 mensonges qu'on entend le plus souvent à propos du Kosovo. La vérité, à propos de chacune de ces affirmations mensongères, peut facilement se vérifier.
1. Mensonge : “les Albanais du Kosovo seraient tous musulmans.”
La vérité : les Albanais du Kosovo, comme les Albanais en général, comprennent une minorité catholique importante. Il y a une église catholique dans presque toute grande bourgade du Kosovo. Et historiquement, les catholiques ont été à la pointe de la lutte contre les agressions de la Serbie. De ce fait, les catholiques se sont retrouvés parmi les principales victimes du terrorisme serbe en 1998 et 1999. Le pire des crimes que les Serbes aient commis contre les Kosovars a principalement assassiné des catholiques : c'était le massacre de Korenica du 27 avril 1999, où 377 personnes, y compris des bébés, ont été tuées.
2. Mensonge : “les musulmans du Kosovo seraient des islamistes.”
La vérité : Les Albanais musulmans du Kosovo méprisent l'islam radical. Même si l'Arabie séoudite maintient un bureau de "bienfaisance" à Prishtina, et a construit un petit nombre de mosquées au Kosovo, leur présence est mal perçue. Les Kosovars détestaient les Wahhabites qui saccageaient les cimetières sous le prétexte que les pierres tombales seraient de l'idolâtrie, et qui ont tenté de remplacer les mosquées ottomanes historiques et les mosquées albanaises modernes, elles aussi construites dans le style ottoman, par des bâtisses à la manière du Golfe Persique.
Les Serbes ont complètement détruit plus d'un tiers des mosquées de la République du Kosovo.
3. Mensonge : “l'Armée de Libération du Kosovo (UÇK) aurait été alignée avec al-Qaïda.”
La vérité : à la différence de l'Armée de Bosnie-Herzégovine (ARBiH), l'UÇK n' jamais permis à des musulmans étrangers de rejoindre ses rangs. l'UÇK a mené un combat exclusivement national, et non la défense d'une identité religieuse quelconque. L'UÇK a compris de nombreux catholiques et de nombreux soufis (comme Bernard Lewis l'a fait remarquer, les soufis sont pacifiques mais ne sont pas pacifistes) de même qu'un grand nombre de personnes sans affiliation religieuse. Il est vrai que des islamistes étrangers ont contribué financièrement au secours aux réfugiés, mais ils n'ont joué aucun rôle dans le combat de l'UÇK. C'est là l'un des mensonges serbes les plus étranges, parce qu'au cours de l'intervention occidentale aucune indication n'est apparue dans la presse internationale sur une influence quelconque des Arabes ou des islamistes dans la lutte de l'UÇK. C'est bien après la guerre que ce mensonge est apparu dans toute son extravagance.
4. Mensonge : “les Kosovars musulmans détesteraient les chrétiens orthodoxes.”
La vérité : il y a parmi les Albanais quelque 20 % d'adeptes de l'Église Orthodoxe Albanaise, qui a été fondée comme entité autocéphale (indépendante) aux États-Unis, contre l'opposition des orthodoxes grecs : son fondateur était un patriote albanais exceptionnel nommé Fan Noli, (Theofan Stilian Noli 1882-1965). Le plus grand poète albanais du XX° siècle était peut-être Lasgush Poradeci (1899-1987), qui venait d'une famille orthodoxe. Un autre poète populaire de renom était Millosh Gjergj Nikolla (Migjeni – 1872-1924), né dans une famille slave orthodoxe mais auteur de vers en albanais, et le premier auteur moderniste dans cette langue.
5. Mensonge : “le Kosovo serait le 'berceau de la nation serbe'”
La vérité : le premier foyer d'implantation des Serbes dans les Balkans se trouve en Rascie, au nord par rapport au Kosovo. Et aujourd'hui, ce que parlent les Serbes, c'est une variante de la langue des Slaves du sud originaire de Voïvodine, qui se trouve à plusieurs centaines de kilomères au nord du Kosovo, et qui appartenait à la Hongrie jusqu'en 1918.
6. Mensonge : “ce seraient les Serbes qui ont construit les monastères orthodoxes au Kosovo.”
La vérité : l'origine de la plupart des monastères orthodoxes n'est pas élucidée ; ils pourraient avoir été fondés par des chrétiens orthodoxes d'origine albanaise, byzantine, roumaine (valaque), macédonienne ou bulgare. Une fresque murale dans le fameux monastère de Peja au Kosovo met en scène saint Sava en compagnie de fidèles albanais, reconnaissables à leur bonnet de feutre blanc caractéristique, le plis. La version la plus probable est que ce sont les Bulgares qui ont construit ces monastères, lorsqu'ils dominaient le Kosovo aux IX° et X° siècle [ensuite ce furent les Grecs].
Le premier Concile des évêques chrétiens de la région de Dioclée, dont le centre se trouve aujourd'hui dans la capitale monténégrine de Podgorica, s'est tenu en 1199 à Antivari (Bar), et était totalement albanais dans sa composition, sans aucune participation slave.
7. Mensonge : “les Serbes ont combattu les Turcs ottomans pendant des siècles.”
La vérité : Après la victoire ottomane à la bataille de Kosovo en 1389, le sultan ottoman Bâyezit a épousé une princesse de Serbie, Despina, et la Serbie est devenue une alliée de la Turquie. La Serbie ne s'est pas rebellée contre les Ottomans avant 1804.
8. Mensonge : “les Serbes auraient sauvé les juifs pendant la Deuxième guerre mondiale.”
La vérité : en 1942 Emanuel Schäfer, le chef (Befehlshaber) de la Sicherheitspolizei et du Sicherheitsdienst pour la Serbie, pouvait se vanter de ce que "Belgrade - la seule grande ville d'Europe qui ait été nettoyée des juifs, est devenue judenfrei".
Les statistiques publiées en 1989 par la Fédération des Communautés Juives, alors en Yougoslavie, montrent le taux de liquidation le plus élevé dans le Banat, gouverné par des collaborateurs serbes (93 % tués), et en Serbie proprement dite (88 % tués). Le taux le plus bas de génocide des juifs s'observe dans le Kosovo gouverné par des Albanais (38 % tués). L'Albanie elle-même, qui avait attiré beaucoup de juifs d'Europe centrale, n'a pas livré un seul juif aux Nazis : c'est le seul pays occupé par l'Axe qui a terminé la guerre avec plus de juifs sur son sol qu'au début. Le rôle des Albanais comme Justes parmi les Nations a été récemment reconnu par Yad Vashem, l'autorité de Jérusalem pour la mémoire des héros et des martyrs de l'Holocauste. La plupart des Albanais qui ont sauvé des juifs étaient musulmans.
En outre, le nombre des juifs du Kosovo morts dans l'Holocauste a récemment été remis en cause : la découverte de la liste allemande d'origine des individus déportés du Kosovo vers les camps de la mort, de même que d'autres documents, conservés Sinan Shabani, ancien directeur des Archives Nationales d'Albanie, et distribué par Claire Lavoine, une Française admirable, est d'une importance exceptionnelle. Ces sources-là montrent que les Nazis n'ont pas déporté du Kosovo plus de 40 juifs ou issus de mariages mixtes : ce nombre-là conduirait à un taux de liquidation des juifs du Kosovo de 8 % seulement.
9. Mensonge : “les Albanais seraient devenus la majorité en immigrant au Kosovo après la Deuxième guerre mondiale, et chercheraient maintenant à former une Grande Albanie avec les autres territoires albanophones.”
La vérité : le premier recensement dans ce qui allait devenir la Yougoslavie, organisé en 1921, montre une majorité écrasante d'Albanais au Kosovo [les 2/3, pour 1/4 de Serbes] alors même que leur nombre était systématiquement minoré.
Le Kosovo et l'Albanie ont moins de choses en commun que ne le croient les étrangers. Les Kosovars parlent guègue, le dialecte albanais du nord, les Albanais du centre et du sud de l'Albanie parlent le tosque. Et quoique le Kosovo soit encore pauvre, du fait de l'obstruction des Nations Unies sur la privatisation et autres réformes, il a un plus haut niveau de vie que l'Albanie. Le Kosovo s'est débarrassé des vestiges du communisme dans sa vie politique, alors qu'en Albanie il y a encore lieu de procéder à une réforme de l'appareil judiciaire et d'autres institutions, depuis la tenue d 'élections libres et la prolifération de journaux médiocres inféodés aux partis politiques. Aucun dirigeant politique sérieux, dans aucun des deux pays, n'appelle à former une Grande Albanie.
10. Mensonge : “le Kosovo serait un centre du trafic de drogue albanais.”
La vérité : le Kosovo est l'un des pays d'Europe où il y a le plus de police. Les Serbes et leurs souteneurs ne peuvent citer aucune inculpation, aucun procès, aucune condamnation, et encore moins de quelconques données sérieuses sur ce prétendu trafic de drogue au Kosovo, à part la petite saisie de marijuana à l'occasion. Les surveillants étrangers de la République n'ont aucune raison de fermer les yeux sur de telles activités, si elles existaient.
http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_14fg628vgg
Les Albanais du Kosovo ne sont ni fous ni stupides. C'est à l'intervention menée par les États-Unis qu'ils doivent leur liberté, et ils ne sont pas près de l'oublier. C'est un peuple d'entrepreneurs, moral et traditionnel, qui ne demande qu'à prendre leur place au rang des pays européens responsables. Les États-Unis ont eu raison de soutenir la liberté des Kosovars, qui le leur rendront entièrement et avec honneur.
Ecrit par : Sebaneau | 07.07.2008
L'histoire nous montre qu'au XV° siècle, la ligue de Lezha dirigée par Scanderbeg a résisté pendant plus d'un quart de siècle à l'invasion ottomane, alors que les principautés serbes collaboraient épisodiquement avec l'envahisseur depuis la participation du Prince Marko Mrnjavčević du côté ottoman à la bataille du 15 juin 1389, l'acceptation volontaire par la veuve de Lazar et tous les dignitaires orthodoxes, de la suzeraineté ottomane en 1390, et le rôle décisif de son fils Stevan Lazarević dans l'écrasement des armées chrétiennes à la bataille de Nicopolis en 1396 : c'est ainsi qu'en 1448 les Serbes, en empêchant la jonction de l'armée de Scanderbeg avec celle de Jean Hunyade avant la 2° bataille de Kosovo, ont facilité la défaite de celui-ci.
L'histoire nous montre que les Kosovars s'étaient libérés eux-mêmes du joug ottoman à l'été de 1912, et que c'est pour les empêcher d'être libres que la soldatesque serbe et monténégrine les a envahis en octobre de cette même année.
Avant cette invasion, les Slaves n'y étaient pas les derniers à dire "le Kosovo aux Kosovars" ; une bonne partie ne se considéraient pas comme serbes, puisqu'ils faisaient allégeance au Patriarche d'Ohrid plutôt qu'à celui de Serbie -- c'est probablement pourquoi le Serbe "normal" Dimitrije Tucović y estimait la part de la population "serbe" à 17 % et non à 25 % comme les estimations ottomanes en 1912 ou le recensement de 1921.
L'histoire nous montre que c'est seulement le rapport de forces entre nations étrangères qui, à la Conférence de Londres en avril 1913, avait livré à la Serbie et au Monténégro la moitié de la population et des territoires albanais, et qui n'a pas permis aux libérations de ce territoire par l'armée allemande en 1915 et 1941, puis par Tito en 1974, de perdurer avant l'ultime libération par l'OTAN en 1999. De sorte que l'existence du Kosovo comme territoire distinct de l'Albanie, de même que ses annexions et libérations successives, ont été décidées en-dehors de lui... jusqu'à ce que les exactions de Milošević, en chassant plus de 300 000 Kosovars vers l'étranger, leur donnent les moyens et les occasions de se faire entendre en Occident.
L'histoire nous montre aussi que, dans la Yougoslavie d'avant Milošević, le Kosovo avait les mêmes Droits, et les mêmes institutions, que les Républiques dont l'indépendance est reconnue depuis seize ans : la Slovénie par exemple qui préside aujourd'hui l'Union européenne alors qu'elle non plus n'avait jamais existé en tant qu'état avant 1974, la Slovénie qui, comme le Kosovo compte deux millions d'habitants et qui, comme lui, est monoethnique avec 90% de Slovènes --avec cette différence qu'on le lui reconnaît à elle.
Avant le coup de force de Milošević et son annexion forcée à la Serbie en mars 1989, le Kosovo avait sa propre identité territoriale, sa propre capitale, son propre gouvernement responsable devant sa propre assemblée parlementaire, sa propre Constitution, son propre tribunal constitutionnel et son propre système judiciaire.
Il avait la maîtrise complète de ses propres affaires intérieures, y compris la disposition de sa propre police, de son service de sécurité d'État de même que ses propres forces de Défense Territoriale.
Il était membre de la Fédération yougoslave à parité avec les autres Républiques, son représentant étant membre à part entière de la Présidence yougoslave (de sorte qu'un Kosovar, Sinan Hasani, a présidé à son tour cette fédération de six républiques ET de deux provinces, du 15 mai 1986 au 15 mai 1987).
L'histoire nous montre enfin que pendant 10 ans, sous l'occupation policière et l'apartheid serbes, les Kosovars ont su, sous la direction d'Ibrahim Rugova, organiser non seulement des élections régulières et un referendum sur l'indépendance (déjà), mais un système parallèle d'écoles et de cliniques, qui a réussi à faire vivre une population totalement exclue des prétendus "services publics".
Elle nous montre que les colons internationaux, à la suite des impérialismes successifs, ne font qu'y empêcher le développement de la démocratie et de l'économie de marché, tandis que la classe dirigeante de Serbie prouve imperturbablement qu'elle est indigne d'y exercer une quelconque souveraineté, puiqu'elle raisonne toujours sur ce territoire comme si la majorité écrasante de sa population n'existait pas.
Les Albanais ont toujours vécu au Kosovo, dont ils sont les premiers habitants : on n'"immigre pas " dans un pays qui a toujours été le sien et les autres territoires albanais du nord n'ont jamais été assez peuplés pour que leurs habitants aient eu des raisons d'immigrer au Kosovo, ni la possibilité d'y changer la composition ethnique.
Les histoires d'"immigration" albanaise au Kosovo sont donc des mensonges de propagande ; le seul épisode historique d'entrée massive d'Albanais au Kosovo est celui dont cette propagande ne parle jamais, puisqu'il concerne une partie des 100 000 Albanais des régions de Niš, Kuršumlija, Pirot, Leskovac et Vranje, victimes de l'épuration ethnique de l'état serbe après leur annexion à la Serbie par le Traité de Berlin en 1878.
Autre mensonge de propagande, la fable du "Kosovo, berceau de la nation serbe". Alors que la langue et le nationalisme albanais sont nés au Kosovo --respectivement au X° siècle, sous la domination bulgare et à la Ligue de Prizren en juin 1878, aucun état serbe, pas plus le premier royaume serbe de Bodin --né dans la Zeta, au Monténégro-- que l'état médiéval des Nemanjić, --né en Rascie, le Sandjak d'aujourd'hui-- ou que l'état contemporain, né dans le paşalık de Belgrade, n'est jamais né au Kosovo.
Les Serbes étaient demeurés un demi-millénaire et un demi-siècle dans les Balkans avant de l'envahir à la fin du XII° siècle et pendant le XIII° ;
et c'est encore il y a un demi-millénaire et un demi-siècle qu'ils en avaient perdu tout contrôle, avec la disparition de la Serbie, pour quelque 340 ans, dans l'empire ottoman.
Les Serbes sont donc des envahisseurs tardifs du Kosovo, aussi bien relativement à leur propre présence dans les Balkans qu'à l'implantation des Albanais. Ils n'y sont que les quatrièmes envahisseurs, après les Romains, les Bulgares et les Grecs, et en termes de durée de possession souveraine ils n'arrivent encore qu'en quatrième position, après les royaumes illyriens, l'empire romain et l'empire ottoman.
Rien ne prouve par conséquent qu'une partie au moins des vieux bâtiments chrétiens au Kosovo ne soient pas d'anciennes églises catholiques albanaises, ou orthodoxes bulgares. Quant à l'ancien patriarchat de Peja/Peć, seule référence de l'identité serbe entre 1557 et 1766, c'était une si vieille histoire lors de l'annexion forcée de 1913 que c'est... le Monténégro, siège d'une église autocéphale différente, qui l'a alors annexé.
Le pathos actuel sur la "Jérusalem des Serbes" n'est donc qu'un procédé de maquignon, comme la construction de pseudo-"églises médiévales" depuis 1920, pour compenser la maigreur de la minorité serbe sur ce territoire albanais, ou comme l'argument grotesque de la défaite de juin 1389 comme prétexte à des revendications territoriales six siècles plus tard.
Il fait écho aux déclarations de Jovan Cvijić, géographe fort écouté sous la III° République qui, en 1909, présentait... la Bosnie-Herzégovine comme le "coeur de la nation serbe", toujours pour faire passer les revendications de l'état serbe sur une terre qui ne lui appartient pas.
Il ne faut pas prendre ces dingueries pour autre chose que ce qu'elles sont : c'est de la mauvaise foi déguisée en "particularismes balkaniques", c'est de la comédie, comme l'indiquait, le 14 mars 2008, le Serbe normal Srđa Popović à l'émission Peščanik sur B-92 (Belgrade).
Ecrit par : Sebaneau | 07.07.2008
Au XV° siècle, la ligue catholique albanaise de Lezha dirigée par Scanderbeg a résisté pendant plus d'un quart de siècle à l'invasion ottomane, alors que les principautés serbes collaboraient épisodiquement avec l'envahisseur.
Ainsi, le premier prince serbe qui ait combattu aux côtés de l'envahisseur était Marko Mrnjavčević, à la bataille du 15 juin 1389. Puis, la veuve de Lazar et tous les dignitaires orthodoxes ayant choisi de reconnaître la suzeraineté ottomane en 1390, c'est leur fils Stevan Lazarević qui a joué un rôle décisif dans l'écrasement des armées chrétiennes à la bataille de Nicopolis en 1396.
De même, en 1448 les Serbes de Georges Branković, en empêchant la jonction de l'armée de Scanderbeg avec celle de Jean Hunyade avant la 2° bataille de Kosovo, ont facilité la défaite de celui-ci.
Les Kosovars s'étaient libérés eux-mêmes du joug ottoman à l'été de 1912, et que c'est pour les empêcher d'être libres que la soldatesque serbe et monténégrine les a envahis en octobre de cette même année.
Avant cette invasion, les Slaves n'y étaient pas les derniers à dire "le Kosovo aux Kosovars" ; une bonne partie ne se considéraient pas comme serbes, puisqu'ils faisaient allégeance au Patriarche d'Ohrid plutôt qu'à celui de Serbie -- c'est probablement pourquoi le Serbe "normal" Dimitrije Tucović y estimait la part de la population "serbe" à 17 % et non à 25 % comme les estimations ottomanes en 1912 ou le recensement de 1921.
C'est seulement le rapport de forces entre nations étrangères qui, à la Conférence de Londres en avril 1913, avait livré à la Serbie et au Monténégro la moitié de la population et des territoires albanais, et qui n'a pas permis aux libérations de ce territoire par l'armée allemande en 1915 et 1941, puis par Tito en 1974, de perdurer avant l'ultime libération par l'OTAN en 1999. De sorte que l'existence du Kosovo comme territoire distinct de l'Albanie, de même que ses annexions et libérations successives, ont été décidées en-dehors de lui... jusqu'à ce que les exactions de Milošević, en chassant plus de 300 000 Kosovars vers l'étranger, leur donnent les moyens et les occasions de se faire entendre en Occident.
Dans la Yougoslavie d'avant Milošević, le Kosovo avait les mêmes Droits, et les mêmes institutions, que les Républiques dont l'indépendance est reconnue depuis seize ans : la Slovénie par exemple, qui préside aujourd'hui l'Union européenne alors qu'elle non plus n'avait jamais existé en tant qu'état avant 1974, la Slovénie qui, comme le Kosovo compte deux millions d'habitants et qui, comme lui, est monoethnique avec 90% de Slovènes --avec cette différence qu'on le lui reconnaît à elle.
Avant le coup de force de Milošević et son annexion forcée à la Serbie en mars 1989, le Kosovo avait sa propre identité territoriale, sa propre capitale, son propre gouvernement responsable devant sa propre assemblée parlementaire, sa propre Constitution, son propre tribunal constitutionnel et son propre système judiciaire.
Il avait la maîtrise complète de ses propres affaires intérieures, y compris la disposition de sa propre police, de son service de sécurité d'État de même que ses propres forces de Défense Territoriale.
Il était membre de la Fédération yougoslave à parité avec les autres Républiques, son représentant étant membre à part entière de la Présidence yougoslave (de sorte qu'un Kosovar, Sinan Hasani, a présidé à son tour cette fédération de six républiques ET de deux provinces, du 15 mai 1986 au 15 mai 1987).
Pendant 10 ans, sous l'occupation policière et l'apartheid serbes, les Kosovars ont su, sous la direction d'Ibrahim Rugova, organiser non seulement des élections régulières et un referendum sur l'indépendance (déjà), mais un système parallèle d'écoles et de cliniques, qui a réussi à faire vivre une population totalement exclue des prétendus "services publics".
Les colons internationaux, à la suite des impérialismes successifs, ne font qu'y empêcher le développement de la démocratie et de l'économie de marché, tandis que la classe dirigeante de Serbie prouve imperturbablement qu'elle est indigne d'y exercer une quelconque souveraineté, puiqu'elle raisonne toujours sur ce territoire comme si la majorité écrasante de sa population n'existait pas.
Les Albanais ont toujours vécu au Kosovo, dont ils sont les premiers habitants : on n'"immigre pas " dans un pays qui a toujours été le sien et les autres territoires albanais du nord n'ont jamais été assez peuplés pour que leurs habitants aient eu des raisons d'immigrer au Kosovo, ni la possibilité d'y changer la composition ethnique.
Les histoires d'"immigration" albanaise au Kosovo sont donc des mensonges de propagande ; le seul épisode historique d'entrée massive d'Albanais au Kosovo est celui dont cette propagande ne parle jamais, puisqu'il concerne une partie des 100 000 Albanais des régions de Niš, Kuršumlija, Pirot, Leskovac et Vranje, victimes de l'épuration ethnique de l'état serbe après leur annexion à la Serbie par le Traité de Berlin en 1878.
Autre mensonge de propagande, la fable du "Kosovo, berceau de la nation serbe". Alors que la langue et le nationalisme albanais sont nés au Kosovo --respectivement au X° siècle, sous la domination bulgare et à la Ligue de Prizren en juin 1878, aucun état serbe, pas plus le premier royaume serbe de Bodin --né dans la Zeta, au Monténégro-- que l'état médiéval des Nemanjić, --né en Rascie, le Sandjak d'aujourd'hui-- ou que l'état contemporain, né dans le paşalık de Belgrade, n'est jamais né au Kosovo.
Les Serbes étaient demeurés un demi-millénaire et un demi-siècle dans les Balkans avant de l'envahir à la fin du XII° siècle et pendant le XIII° ;
et c'est encore il y a un demi-millénaire et un demi-siècle qu'ils en avaient perdu tout contrôle, avec la disparition de la Serbie, pour quelque 340 ans, dans l'empire ottoman.
Les Serbes sont donc des envahisseurs tardifs du Kosovo, aussi bien relativement à leur propre présence dans les Balkans qu'à l'implantation des Albanais. Ils n'y sont que les quatrièmes envahisseurs, après les Romains, les Bulgares et les Grecs, et en termes de durée de possession souveraine ils n'arrivent encore qu'en quatrième position, après les royaumes illyriens, l'empire romain et l'empire ottoman.
Rien ne prouve par conséquent qu'une partie au moins des vieux bâtiments chrétiens au Kosovo ne soient pas d'anciennes églises catholiques albanaises, ou orthodoxes bulgares. Quant à l'ancien patriarchat de Peja/Peć, seule référence de l'identité serbe entre 1557 et 1766, c'était une si vieille histoire lors de l'annexion forcée de 1913 que c'est... le Monténégro, siège d'une église autocéphale différente, qui l'a alors annexé.
Le pathos actuel sur la "Jérusalem des Serbes" n'est donc qu'un procédé de maquignon, comme la construction de pseudo-"églises médiévales" depuis 1920, pour compenser la maigreur de la minorité serbe sur ce territoire albanais, ou comme l'argument grotesque de la défaite de juin 1389 comme prétexte à des revendications territoriales six siècles plus tard.
Il fait écho aux déclarations de Jovan Cvijić, géographe fort écouté sous la III° République qui, en 1909, présentait... la Bosnie-Herzégovine comme le "coeur de la nation serbe", toujours pour faire passer les revendications de l'état serbe sur une terre qui ne lui appartient pas.
Il ne faut pas prendre ces dingueries pour autre chose que ce qu'elles sont : c'est de la mauvaise foi déguisée en "particularismes balkaniques", c'est de la comédie, comme l'indiquait, le 14 mars 2008, le Serbe normal Srđa Popović à l'émission Peščanik sur B-92 (Belgrade).
Ecrit par : Sebaneau | 07.07.2008
Kosovo: des Serbes mentent, des gens meurent
par Stephen Schwartz, Jewcy, 21 février 2008
[Note du rédacteur en chef: Aujourd'hui, une manifestation de masse contre les Etats-Unis et le Kosovo a dégénéré à Belgrade. Les protestataires ont mis le feu à l'Ambassade des Etats-Unis.]
US embassy torched: Serbians protest Kosovo independence
US embassy torched: Serbians protest Kosovo independence
Les incendiaires à l'ambassade des États-Unis :
des Serbes protestant contre l'indépendance du Kosovo
Maintenant que le Kosovo a proclamé son indépendance et se retrouve au centre de l'actualité mondiale, il est instructif, même si on en demeure abasourdi, de voir comment les mensonges propagés par le régime fasciste de Milošević et ses prédécesseurs impérialistes grand-serbes se recyclent, et s'acceptent largement, de nouveau, dans les médias du monde. Les Serbes ont de nouveau manifesté leur fantastique capacité pour se réinventer en victimes là où ils se sont conduits en assassins et en criminels.
Examinons donc les 10 mensonges qu'on entend le plus souvent à propos du Kosovo. La vérité, à propos de chacune de ces affirmations mensongères, peut facilement se vérifier.
1. Mensonge : “les Albanais du Kosovo seraient tous musulmans.”
La vérité : les Albanais du Kosovo, comme les Albanais en général, comprennent une minorité catholique importante. Il y a une église catholique dans presque toute grande bourgade du Kosovo. Et historiquement, les catholiques ont été à la pointe de la lutte contre les agressions de la Serbie. De ce fait, les catholiques se sont retrouvés parmi les principales victimes du terrorisme serbe en 1998 et 1999. Le pire des crimes que les Serbes aient commis contre les Kosovars a principalement assassiné des catholiques : c'était le massacre de Korenica du 27 avril 1999, où 377 personnes, y compris des bébés, ont été tuées.
2. Mensonge : “les musulmans du Kosovo seraient des islamistes.”
La vérité : Les Albanais musulmans du Kosovo méprisent l'islam radical. Même si l'Arabie séoudite maintient un bureau de "bienfaisance" à Prishtina, et a construit un petit nombre de mosquées au Kosovo, leur présence est mal perçue. Les Kosovars détestaient les Wahhabites qui saccageaient les cimetières sous le prétexte que les pierres tombales seraient de l'idolâtrie, et qui ont tenté de remplacer les mosquées ottomanes historiques et les mosquées albanaises modernes, elles aussi construites dans le style ottoman, par des bâtisses à la manière du Golfe Persique.
Les Serbes ont complètement détruit plus d'un tiers des mosquées de la République du Kosovo.
3. Mensonge : “l'Armée de Libération du Kosovo (UÇK) aurait été alignée avec al-Qaïda.”
La vérité : à la différence de l'Armée de Bosnie-Herzégovine (ARBiH), l'UÇK n' jamais permis à des musulmans étrangers de rejoindre ses rangs. l'UÇK a mené un combat exclusivement national, et non la défense d'une identité religieuse quelconque. L'UÇK a compris de nombreux catholiques et de nombreux soufis (comme Bernard Lewis l'a fait remarquer, les soufis sont pacifiques mais ne sont pas pacifistes) de même qu'un grand nombre de personnes sans affiliation religieuse. Il est vrai que des islamistes étrangers ont contribué financièrement au secours aux réfugiés, mais ils n'ont joué aucun rôle dans le combat de l'UÇK. C'est là l'un des mensonges serbes les plus étranges, parce qu'au cours de l'intervention occidentale aucune indication n'est apparue dans la presse internationale sur une influence quelconque des Arabes ou des islamistes dans la lutte de l'UÇK. C'est bien après la guerre que ce mensonge est apparu dans toute son extravagance.
4. Mensonge : “les Kosovars musulmans détesteraient les chrétiens orthodoxes.”
La vérité : il y a parmi les Albanais quelque 20 % d'adeptes de l'Église Orthodoxe Albanaise, qui a été fondée comme entité autocéphale (indépendante) aux États-Unis, contre l'opposition des orthodoxes grecs : son fondateur était un patriote albanais exceptionnel nommé Fan Noli, (Theofan Stilian Noli 1882-1965). Le plus grand poète albanais du XX° siècle était peut-être Lasgush Poradeci (1899-1987), qui venait d'une famille orthodoxe. Un autre poète populaire de renom était Millosh Gjergj Nikolla (Migjeni – 1872-1924), né dans une famille slave orthodoxe mais auteur de vers en albanais, et le premier auteur moderniste dans cette langue.
5. Mensonge : “le Kosovo serait le 'berceau de la nation serbe'”
La vérité : le premier foyer d'implantation des Serbes dans les Balkans se trouve en Rascie, au nord par rapport au Kosovo. Et aujourd'hui, ce que parlent les Serbes, c'est une variante de la langue des Slaves du sud originaire de Voïvodine, qui se trouve à plusieurs centaines de kilomères au nord du Kosovo, et qui appartenait à la Hongrie jusqu'en 1918.
6. Mensonge : “ce seraient les Serbes qui ont construit les monastères orthodoxes au Kosovo.”
La vérité : l'origine de la plupart des monastères orthodoxes n'est pas élucidée ; ils pourraient avoir été fondés par des chrétiens orthodoxes d'origine albanaise, byzantine, roumaine (valaque), macédonienne ou bulgare. Une fresque murale dans le fameux monastère de Peja au Kosovo met en scène saint Sava en compagnie de fidèles albanais, reconnaissables à leur bonnet de feutre blanc caractéristique, le plis. La version la plus probable est que ce sont les Bulgares qui ont construit ces monastères, lorsqu'ils dominaient le Kosovo aux IX° et X° siècle [ensuite ce furent les Grecs].
Le premier Concile des évêques chrétiens de la région de Dioclée, dont le centre se trouve aujourd'hui dans la capitale monténégrine de Podgorica, s'est tenu en 1199 à Antivari (Bar), et était totalement albanais dans sa composition, sans aucune participation slave. [?]
7. Mensonge : “les Serbes ont combattu les Turcs ottomans pendant des siècles.”
La vérité : Après la victoire ottomane à la bataille de Kosovo en 1389, le sultan ottoman Bâyezit a épousé une princesse de Serbie, Despina, et la Serbie est devenue une alliée de la Turquie. La Serbie ne s'est pas rebellée contre les Ottomans avant 1804.
Scene from a Bosnian death camp
Scène d'un camp de la mort serbe en Bosnie :
Fikret Alić à Omarska
8. Mensonge : “les Serbes auraient sauvé les juifs pendant la Deuxième guerre mondiale.”
La vérité : en 1942 Emanuel Schäfer, le chef (Befehlshaber) de la Sicherheitspolizei et du Sicherheitsdienst pour la Serbie, pouvait se vanter de ce que "Belgrade - la seule grande ville d'Europe qui ait été nettoyée des juifs, est devenue judenfrei".
Les statistiques publiées en 1989 par la Fédération des Communautés Juives, alors en Yougoslavie, montrent le taux de liquidation le plus élevé dans le Banat, gouverné par des collaborateurs serbes (93 % tués), et en Serbie proprement dite (88 % tués). Le taux le plus bas de génocide des juifs s'observe dans le Kosovo gouverné par des Albanais (38 % tués). L'Albanie elle-même, qui avait attiré beaucoup de juifs d'Europe centrale, n'a pas livré un seul juif aux Nazis : c'est le seul pays occupé par l'Axe qui a terminé la guerre avec plus de juifs sur son sol qu'au début. Le rôle des Albanais comme Justes parmi les Nations a été récemment reconnu par Yad Vashem, l'autorité de Jérusalem pour la mémoire des héros et des martyrs de l'Holocauste. La plupart des Albanais qui ont sauvé des juifs étaient musulmans.
En outre, le nombre des juifs du Kosovo morts dans l'Holocauste a récemment été remis en cause : la découverte de la liste allemande d'origine des individus déportés du Kosovo vers les camps de la mort, de même que d'autres documents, conservés Sinan Shabani, ancien directeur des Archives Nationales d'Albanie, et distribué par Claire Lavoine, une Française admirable, est d'une importance exceptionnelle. Ces sources-là montrent que les Nazis n'ont pas déporté du Kosovo plus de 40 juifs ou issus de mariages mixtes : ce nombre-là conduirait à un taux de liquidation des juifs du Kosovo de 8 % seulement.
9. Mensonge : “les Albanais seraient devenus la majorité en immigrant au Kosovo après la Deuxième guerre mondiale, et chercheraient maintenant à former une Grande Albanie avec les autres territoires albanophones.”
La vérité : le premier recensement dans ce qui allait devenir la Yougoslavie, organisé en 1921, montre une majorité écrasante d'Albanais au Kosovo [les 2/3, pour 1/4 de Serbes] alors même que leur nombre était systématiquement minoré.
Le Kosovo et l'Albanie ont moins de choses en commun que ne le croient les étrangers. Les Kosovars parlent guègue, le dialecte albanais du nord, les Albanais du centre et du sud de l'Albanie parlent le tosque. Et quoique le Kosovo soit encore pauvre, du fait de l'obstruction des Nations Unies sur la privatisation et autres réformes, il a un plus haut niveau de vie que l'Albanie. Le Kosovo s'est débarrassé des vestiges du communisme dans sa vie politique, alors qu'en Albanie il y a encore lieu de procéder à une réforme de l'appareil judiciaire et d'autres institutions, depuis la tenue d 'élections libres et la prolifération de journaux médiocres inféodés aux partis politiques. Aucun dirigeant politique sérieux, dans aucun des deux pays, n'appelle à former une Grande Albanie.
Unmarked graves from the massacres in Kosovo
Tombes anonymes de victimes des massacres au Kosovo
10. Mensonge : “le Kosovo serait un centre du trafic de drogue albanais.”
La vérité : le Kosovo est l'un des pays d'Europe où il y a le plus de police. Les Serbes et leurs souteneurs ne peuvent citer aucune inculpation, aucun procès, aucune condamnation, et encore moins de quelconques données sérieuses sur ce prétendu trafic de drogue au Kosovo, à part la petite saisie de marijuana à l'occasion. Les surveillants étrangers de la République n'ont aucune raison de fermer les yeux sur de telles activités, si elles existaient.
Les Albanais du Kosovo ne sont ni fous ni stupides. C'est à l'intervention menée par les États-Unis qu'ils doivent leur liberté, et ils ne sont pas près de l'oublier. C'est un peuple d'entrepreneurs, moral et traditionnel, qui ne demande qu'à prendre leur place au rang des pays européens responsables. Les États-Unis ont eu raison de soutenir la liberté des Kosovars, qui le leur rendront entièrement et avec honneur.
Ecrit par : Sebaneau | 07.07.2008
L'histoire nous montre qu'au XV° siècle, la ligue de Lezha dirigée par Scanderbeg a résisté pendant plus d'un quart de siècle à l'invasion ottomane, alors que les principautés serbes collaboraient épisodiquement avec l'envahisseur depuis la participation du Prince Marko Mrnjavčević du côté ottoman à la bataille du 15 juin 1389, l'acceptation volontaire par la veuve de Lazar et tous les dignitaires orthodoxes, de la suzeraineté ottomane en 1390, et le rôle décisif de son fils Stevan Lazarević dans l'écrasement des armées chrétiennes à la bataille de Nicopolis en 1396 : c'est ainsi qu'en 1448 les Serbes, en empêchant la jonction de l'armée de Scanderbeg avec celle de Jean Hunyade avant la 2° bataille de Kosovo, ont facilité la défaite de celui-ci.
L'histoire nous montre que les Kosovars s'étaient libérés eux-mêmes du joug ottoman à l'été de 1912, et que c'est pour les empêcher d'être libres que la soldatesque serbe et monténégrine les a envahis en octobre de cette même année.
Avant cette invasion, les Slaves n'y étaient pas les derniers à dire "le Kosovo aux Kosovars" ; une bonne partie ne se considéraient pas comme serbes, puisqu'ils faisaient allégeance au Patriarche d'Ohrid plutôt qu'à celui de Serbie -- c'est probablement pourquoi le Serbe "normal" Dimitrije Tucović y estimait la part de la population "serbe" à 17 % et non à 25 % comme les estimations ottomanes en 1912 ou le recensement de 1921.
L'histoire nous montre que c'est seulement le rapport de forces entre nations étrangères qui, à la Conférence de Londres en avril 1913, avait livré à la Serbie et au Monténégro la moitié de la population et des territoires albanais, et qui n'a pas permis aux libérations de ce territoire par l'armée allemande en 1915 et 1941, puis par Tito en 1974, de perdurer avant l'ultime libération par l'OTAN en 1999. De sorte que l'existence du Kosovo comme territoire distinct de l'Albanie, de même que ses annexions et libérations successives, ont été décidées en-dehors de lui... jusqu'à ce que les exactions de Milošević, en chassant plus de 300 000 Kosovars vers l'étranger, leur donnent les moyens et les occasions de se faire entendre en Occident.
L'histoire nous montre aussi que, dans la Yougoslavie d'avant Milošević, le Kosovo avait les mêmes Droits, et les mêmes institutions, que les Républiques dont l'indépendance est reconnue depuis seize ans : la Slovénie par exemple qui préside aujourd'hui l'Union européenne alors qu'elle non plus n'avait jamais existé en tant qu'état avant 1974, la Slovénie qui, comme le Kosovo compte deux millions d'habitants et qui, comme lui, est monoethnique avec 90% de Slovènes --avec cette différence qu'on le lui reconnaît à elle.
Avant le coup de force de Milošević et son annexion forcée à la Serbie en mars 1989, le Kosovo avait sa propre identité territoriale, sa propre capitale, son propre gouvernement responsable devant sa propre assemblée parlementaire, sa propre Constitution, son propre tribunal constitutionnel et son propre système judiciaire.
Il avait la maîtrise complète de ses propres affaires intérieures, y compris la disposition de sa propre police, de son service de sécurité d'État de même que ses propres forces de Défense Territoriale.
Il était membre de la Fédération yougoslave à parité avec les autres Républiques, son représentant étant membre à part entière de la Présidence yougoslave (de sorte qu'un Kosovar, Sinan Hasani, a présidé à son tour cette fédération de six républiques ET de deux provinces, du 15 mai 1986 au 15 mai 1987).
L'histoire nous montre enfin que pendant 10 ans, sous l'occupation policière et l'apartheid serbes, les Kosovars ont su, sous la direction d'Ibrahim Rugova, organiser non seulement des élections régulières et un referendum sur l'indépendance (déjà), mais un système parallèle d'écoles et de cliniques, qui a réussi à faire vivre une population totalement exclue des prétendus "services publics".
Elle nous montre que les colons internationaux, à la suite des impérialismes successifs, ne font qu'y empêcher le développement de la démocratie et de l'économie de marché, tandis que la classe dirigeante de Serbie prouve imperturbablement qu'elle est indigne d'y exercer une quelconque souveraineté, puiqu'elle raisonne toujours sur ce territoire comme si la majorité écrasante de sa population n'existait pas.
Les Albanais ont toujours vécu au Kosovo, dont ils sont les premiers habitants : on n'"immigre pas " dans un pays qui a toujours été le sien et les autres territoires albanais du nord n'ont jamais été assez peuplés pour que leurs habitants aient eu des raisons d'immigrer au Kosovo, ni la possibilité d'y changer la composition ethnique.
Les histoires d'"immigration" albanaise au Kosovo sont donc des mensonges de propagande ; le seul épisode historique d'entrée massive d'Albanais au Kosovo est celui dont cette propagande ne parle jamais, puisqu'il concerne une partie des 100 000 Albanais des régions de Niš, Kuršumlija, Pirot, Leskovac et Vranje, victimes de l'épuration ethnique de l'état serbe après leur annexion à la Serbie par le Traité de Berlin en 1878.
Autre mensonge de propagande, la fable du "Kosovo, berceau de la nation serbe". Alors que la langue et le nationalisme albanais sont nés au Kosovo --respectivement au X° siècle, sous la domination bulgare et à la Ligue de Prizren en juin 1878, aucun état serbe, pas plus le premier royaume serbe de Bodin --né dans la Zeta, au Monténégro-- que l'état médiéval des Nemanjić, --né en Rascie, le Sandjak d'aujourd'hui-- ou que l'état contemporain, né dans le paşalık de Belgrade, n'est jamais né au Kosovo.
Les Serbes étaient demeurés un demi-millénaire et un demi-siècle dans les Balkans avant de l'envahir à la fin du XII° siècle et pendant le XIII° ;
et c'est encore il y a un demi-millénaire et un demi-siècle qu'ils en avaient perdu tout contrôle, avec la disparition de la Serbie, pour quelque 340 ans, dans l'empire ottoman.
Les Serbes sont donc des envahisseurs tardifs du Kosovo, aussi bien relativement à leur propre présence dans les Balkans qu'à l'implantation des Albanais. Ils n'y sont que les quatrièmes envahisseurs, après les Romains, les Bulgares et les Grecs, et en termes de durée de possession souveraine ils n'arrivent encore qu'en quatrième position, après les royaumes illyriens, l'empire romain et l'empire ottoman.
Rien ne prouve par conséquent qu'une partie au moins des vieux bâtiments chrétiens au Kosovo ne soient pas d'anciennes églises catholiques albanaises, ou orthodoxes bulgares. Quant à l'ancien patriarchat de Peja/Peć, seule référence de l'identité serbe entre 1557 et 1766, c'était une si vieille histoire lors de l'annexion forcée de 1913 que c'est... le Monténégro, siège d'une église autocéphale différente, qui l'a alors annexé.
Le pathos actuel sur la "Jérusalem des Serbes" n'est donc qu'un procédé de maquignon, comme la construction de pseudo-"églises médiévales" depuis 1920, pour compenser la maigreur de la minorité serbe sur ce territoire albanais, ou comme l'argument grotesque de la défaite de juin 1389 comme prétexte à des revendications territoriales six siècles plus tard.
Il fait écho aux déclarations de Jovan Cvijić, géographe fort écouté sous la III° République qui, en 1909, présentait... la Bosnie-Herzégovine comme le "coeur de la nation serbe", toujours pour faire passer les revendications de l'état serbe sur une terre qui ne lui appartient pas.
Il ne faut pas prendre ces dingueries pour autre chose que ce qu'elles sont : c'est de la mauvaise foi déguisée en "particularismes balkaniques", c'est de la comédie, comme l'indiquait, le 14 mars 2008, le Serbe normal Srđa Popović à l'émission Peščanik sur B-92 (Belgrade).
Ecrit par : Sebaneau | 07.07.2008
http://pasta.cantbedone.org/pages/3SGZh9.htm
http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_142fpx78sgg
Les Albanais sont-ils des envahisseurs au Kosovo ?
par Alain Ducellier, Professeur à l'Université de Toulouse-II Le Mirail, Spécialiste de l'histoire médiévale des Balkans
Préface de Gisèle Kurti-Clerc
Les peuples des Balkans, comme en général les peuples dont l'histoire tumultueuse a été semée de souffrances, ont un malaise commun, qui consiste en une immense difficulté à envisager leur avenir sans se référer à un passé, lui-même objet de manipulations. Aussi, chaque peuple tente-t-il de s'approprier un morceau de l'Histoire, un peu à la manière d'une recette de cuisine à laquelle on ajouterait tel ou tel ingrédient en vue d'en accommoder la saveur à des goûts bien particuliers. La référence à un passé, aussi bien fictif que réel, se faisant souvent par le biais d'arguments pseudo-historiques — le plus souvent politisés — peut être une arme dangereuse entre les mains de qui sait en tirer parti. L'actuel président de la Serbie, Slobodan Milošević, ainsi que l'écrivain Dobrica Ćosić, idéologue du nationalisme serbe et président de "la nouvelle Yougoslavie" — Serbie et Monténégro, se sont abondamment servis du levier que représentait la Kosove — la prétendue "Vieille Serbie", pour soulever un peuple tout entier contre une population autochtone qui n'avait, de loin, pas les moyens de se défendre. D'un autre côté, en Bosnie- Herzégovine, la purification ethnique à laquelle nous assistons aujourd'hui, orchestrée par les autorités de Belgrade, nous rappelle douloureusement les tragiques événements de la deuxième guerre mondiale, où l'anéantissement de millions de Juifs fut organisé sous le pernicieux prétexte de rendre à la "race aryenne" sa pureté originelle. La notion d'"aryen", d'ailleurs, n'eut jamais aucun fondement scientifique digne de ce nom. Elle ne fut qu'un délire de plus, qui avait germé dans les cerveaux de déments.
Si l'on considère maintenant la démographie historique de la région qui nous intéresse, en l'occurrence la Kosove, on constate, qu'entre les arguments pseudo-historiques imaginés par les représentants de la Serbie et la réalité effective qui nous est livrée par l'archéologie, la linguistique et l'histoire, il y a un immense décalage. En effet, il est très largement admis, aujourd'hui, que les Albanais sont les descendants directs des peuplades illyriennes, elles-mêmes attestées dès la plus haute Antiquité sur une vaste zone de peuplement comprenant, en gros la Dalmatie, le Monténégro, une partie de l'ex-Macédoine yougoslave et la Kosove. Cette dernière région se nommait alors "Dardania". La clé de cette appellation nous est livrée par la langue albanaise le mot "dardhë" signifiant "poire". Il s'agissait donc du "Pays des Poires", peuplé de Dardanes, population illyrienne d'où sont issus la majorité des actuels Kosovars albanophones. A l'arrivée des tribus slaves, de nombreux Illyriens s'assimilèrent naturellement aux nouveaux venus — notamment en Dalmatie, et le noyau de peuplement illyro-albanais se réduisit, pour atteindre à peu près les dimensions des régions actuellement habitées par les Albanais.
La période cruciale de l'Histoire de la Kosove commençant avec le Moyen-Age, nous donnerons la parole à Alain Ducellier, éminent historien, professeur à l'Université de Toulouse et auteur de nombreux ouvrages sur l'Empire byzantin, l'Eglise orthodoxe et l'Histoire médiévale des Balkans. Lui, mieux que quiconque, a su éviter les pièges tendus par les nationalistes de tout bord qui n'utilisent l'histoire que dans un but politique, où les visées d'extension territoriales ne sont même pas voilées. Dans un langage clair et à la portée de tous, il nous donne une vision objective — chose précieuse et rare — de l'histoire de la Kosove.
Les Albanais ont-ils envahi le Kosovo ?
Par Alain Ducellier Extrait de "L'Albanie entre Byzance et Venise", Londres, 1987.
Soyons donc clair dans les Balkans plus encore que partout ailleurs, il n'est pas d'autre argument soutenable, pour déterminer l'appartenance nationale de telle ou telle région, que le constat de son occupation actuelle par une majorité nationale dûment reconnue; en ce sens, le Kosovo, habité aujourd'hui par une population aux deux tiers albanaise, ne saurait être évidemment considéré que comme albanais, et ceci en-dehors de toute idée de rattachement à l'entité politique nommée "Albanie". Que dirait-on, en effet, si, constatant l'existence d'une majorité germanique en Alsace, on voulait en faire une province allemande au sens politique du terme ?
Ces considérations d'évidence font mesurer, le danger qu'il y a à utiliser des arguments "historiques" pour fonder le bon droit d'un peuple à dominer des territoires qu'il a perdus ou qu'il n'occupe plus que minoritairement : on sait le rôle que l'idée de "patrie originelle" a joué dans la genèse et la justification d'Israël.
Cependant, lorsqu'on voit l'obstination avec laquelle on emploie l'argument historique pour prouver que les Serbes ont un "droit" sur le Kosovo dont ils seraient les plus anciens habitants, ensuite dépossédés par les Albanais, il n'est pas mauvais de montrer que, pour une fois, l'histoire et la situation actuelle concordent.
Dans un article récent, Michel Aubin rappelle, ce qui est vrai, que le Kosovo constitua "le centre économique et politique du royaume médiéval serbe aux treizième et quatorzième siècles [1]" ; ce serait donc seulement la conquête turque qui, après avoir éliminé les Serbes des meilleures terres, les aurait enfin contraints, surtout en 1690 et 1738, à émigrer vers la Hongrie méridionale pour les remplacer par des éléments islamisés venus d'Albanie du Nord.
N'insistons pas sur le fait que l'installation d'un centre de pouvoir politique et économique dans un territoire donné ne garantit nullement, surtout au Moyen Age, le caractère ethniquement dominant de ceux qui détiennent l'autorité politique c'est ainsi que le petit despotat " serbe " de Serrès, en Grèce du Nord, a pu dominer, de 1355 à 1371, une population massivement grecque [2]. On ne répétera jamais assez que le nationalisme est une invention moderne, heureusement inconnue des peuples médiévaux qui n'étaient pas aussi sensibles que nous au caractère "étranger" de ceux qui pouvaient les dominer temporairement.
Admettons cependant que les Serbes aient été majoritaires au Kosovo au treizième siècle on ne peut alors s'empêcher de se demander qui habitait la région auparavant. Chacun sait que les Slaves sont le peuple indo-européen le plus tard venu en Europe, puisque les vagues successives de leurs invasions s'étalent sur les VIe et VIIe siècles [3]. On sait aussi que, à cette époque, plusieurs siècles de romanisation n'avaient pas pour autant fait disparaître les vieilles populations autochtones, Daces en Roumanie, Thraces en Bulgarie, Illyriens en Dalmatie, Albanie, Macédoine. Pour nous en tenir au Kosovo, nul ne nie que, depuis au moins le XVIIIème siècle avant notre ère, il ait vu naître et se développer plusieurs formations politiques illyriennes qui passèrent peu à peu du stade tribal au statut de véritables petits royaumes, Dardanes, Pénestes, Paéoniens, pour ne citer que les plus importants [4]. Or les travaux les plus récents, aussi bien linguistiques qu'archéologiques, tendent tous à prouver aujourd'hui que les Illyriens sont sans aucun doute les ancêtres directs des Albanais [5]. En ce qui concerne l'archéologie, l'étude de la céramique et de la bijouterie (boucles d'oreilles, broches, bagues et surtout fibules) prouve qu'il y a une extraordinaire continuité dans les formes et les techniques entre les nécropoles illyriennes antiques et les trouvailles faites sur les sites médiévaux que l'on peut dater des VIe-VIIe siècles de notre ère (Kalajë e Damalcës près de Pulca et surtout Kruja) la chose est si vraie que l'archéologue yougoslave B. Ćović a pu dater le matériel de Kalaja e Dalmacës des VIe-VIIe siècles avant notre ère [6]. Or, il faut rappeler que les fouilles de Kalaja e Dalmacës ont été entreprises au cours du dernier siècle et que chacun convenait, à l'époque, qu'elles étaient le témoin de l'"ancienne civilisation slave" [7]. A coup sûr, cette continuité illyro-albanaise ne se lit pas seulement sur le territoire actuel de l'Albanie : les découvertes faites dans la nécropole de Mjele, près de Virpazar, en Monténégro, et sur deux sites de la région d'Ohrid, en Macédoine, ont en effet permis de mettre au jour des objets appartenant à la même civilisation [8].
Bien entendu, l'activité particulièrement grande des archéologues albanais depuis la Libération doit être seule prise en compte pour expliquer la plus grande abondance des trouvailles faites sur le territoire national. En l'absence de tout document qui prouverait l'anéantissement, ou l'émigration des populations illyriennes locales lors des invasions slaves, il est donc naturel de penser que, pendant tout le Haut Moyen Age, le Kosovo, comme l'Albanie elle-même, a gardé constamment une population, essentiellement illyrienne, c'est-à-dire albanaise. Certes, on assista à un phénomène de slavisation, dont la toponymie est le meilleur témoin, mais on sait que la toponymie est un argument de peu de valeur pour déterminer l'ethnie d'une population : songeons au très grand nombre de toponymes slaves que l'on trouve en Albanie même, où nul ne songerait à soutenir que la population ait jamais été majoritairement slave. Au reste, un tel argument ne servirait guère les tenants de la "thèse serbe" puisque la majorité des toponymes slaves du Kosovo comme de l'Albanie semblent bien être plutôt bulgares que serbes, ce qui est fort naturel puisque les Bulgares ont occupé la région dès le IXe siècle et surtout à la fin du Xe, à l'apogée du dernier empire bulgare dont la capitale était Ohrid [9]. A cette époque, les Serbes sont encore loin du Kosovo : en effet, aux IXe-Xe siècles, leurs premières formations cohérentes sont la Rascie, dans la vallée de l'Ibar, à l'ouest de la Morava, et la Zéta, qui correspond en gros à l'actuel Monténégro ; ce n'est qu'au moment où le prince Stjepan accède au titre royal, en 1217, que l'Etat serbe se dilate et englobe la région de Peja (Peć) [à l'époque Ipek], l'essentiel du Kosovo restant pourtant encore en dehors de ses limites. N'insistons donc pas : toute argumentation de type "historique" ne peut que se retourner contre la thèse "serbe" puisque l'Histoire nous apprend que les Serbes sont, à l'égard du Kosovo, des envahisseurs très tard venus.
La domination serbe a-t-elle fait disparaître la vieille population illyro-albanaise? En fait, ce sont les textes serbes eux-mêmes qui nous prouvent le contraire : en 1348, une donation faite par le grand tsar Stepan IX Dušan au monastère des Saints Michel et Gabriel de Prizren nous prouve qu'il existait, probablement dans les environs de cette ville, au moins 9 villages qualifiés d'albanais (arbanaš) [10]. L'an suivant, le célèbre code promulgué par ce même souverain nous prouve qu'il existait, dans nombre de villages de son domaine, aux côtés des populations slaves, des éléments valaques et albanais dont le dynamisme devait être considérable, puisque le tsar s'efforce de limiter leur installation sur les terroirs [11]. Précisons que si les Valaques et les Albanais sont désormais considérés comme des nomades, ce n'est certes pas parce qu'ils sont des "pasteurs originels", mais simplement parce qu'ils ont été réduits à cette situation par la pression économique et politique du peuple dominant ; déjà en 1328, il en allait de même dans les régions de Diabolis, Kolônée et Ohrid où Jean Cantacuzène narre la rencontre de l'empereur byzantin Andronic III avec les "Albanais nomades" de la Macédoine centrale [12]. A coup sûr, la domination serbe paraissait lourde aux Albanais soumis; même compte tenu des claires intentions de propagande de l'auteur, il y a sans doute du vrai dans ce qu'écrit, vers 1332, un propagandiste de la Croisade, Guillaume d'Adam :
"parce que les dits peuples, tant Latins qu'Albanais, sont opprimés par le joug insupportable et la très dure servitude du seigneur des Slaves qui leur est odieux et abominable, parce que leur peuple est chargé d'impôts, leur clergé abattu et méprisé, leurs évêques et leurs abbés très souvent enchaînés, leurs nobles dépossédés... Tous, ensemble et individuellement, croiraient rendre leurs mains sacrées s'ils les plongeaient dans le sang des susdits Slaves" [13].
Ajoutons que les auteurs byzantins sont très sensibles à l'unité de population depuis l'Albanie jusqu'à la Macédoine : l'historien Laonikos Chalkokondylis, qui écrit au XVe siècle, après avoir souligné que les Albanais de son temps sont fort différents des Serbes et des Bosniaques [14] conclut qu'il n'y a pas d'autre peuple qui, plus que les Albanais, ressemble aux Macédoniens [15].
C'est dans ce contexte que commence la conquête turque, dans la seconde moitié du XIVe siècle, et il est vrai que c'est à la faveur de cet épisode que les Albanais peuvent se réaffirmer au Kosovo, mais certainement pas de la manière dont la chose est présentée d'ordinaire : loin d'arriver "dans les fourgons de l'ennemi", la population albanaise, depuis le lac de Shkodra jusqu'au Kosovo, fit bloc avec les autres populations chrétiennes. Lors du choc décisif de 1389, les auteurs grecs mentionnent, auprès des Serbes et des Bulgares, les Albanais du Nord, ceux de Himara, d'Epire et de la région côtière [16]. Quant à la chronique turque d'Idrisi Bitlisi, elle mentionne spécialement la participation des Albanais de la région de Shkodra dont le prince, Georges Balsha, aurait mené 50 000 hommes à la bataille [17]; les mêmes renseignements sont d'ailleurs repris par d'autres chroniques ottomanes comme celles d'Ali et de Hoca Saadeddin [18].
La défaite de 1389, en désorganisant complètement l'Etat serbe, laissa le champ libre aux seigneurs locaux les plus dynamiques, parmi lesquels les princes albanais du Nord et du Nord-Est le plus remarquable est Jon Kastrioti, le père de Skanderbeg qui, depuis les hautes régions du Mati, réussit, à la fin du quatorzième et au début du quinzième siècle, à se tailler une vaste principauté qui va de l'estuaire de l'Ishmi jusqu'à Prizren, au coeur du Kosovo. En 1420, en conséquence, il délivrait aux Ragusains un privilège commercial depuis la côte "sur ses terres jusqu'à Prizren" [19].
Ce nouveau pouvoir albanais ne fut certainement pas sans conséquences sur le développement d'une classe marchande au sein d'une population jusque là fort déprimée : les archives de Raguse (Dubrovnik) prouvent, par exemple, qu'un certain nombre de négociants albanais de Raguse séjournent désormais volontiers au Kosovo ; en mars 1428, c'est le cas de Marcho de Tani à qui la République expédie une lettre à Prishtina [20] et, même après la soumission des Kastriot aux Turcs, on trouve encore, dans la même ville en 1448, le marchand albanais Chymo Mathi de Tani [21].
Aussi n'avons-nous aucune raison de penser que les Ottomans, dans cette phase de leur conquête, se soient spécialement appuyés sur les Albanais qu'ils auraient opposés aux Slaves. Il n'est sans doute pas inutile de rappeler que les Albanais sont alors chrétiens comme les Serbes et n'ont aucune propension spéciale à se soumettre aux Ottomans. S'il est hors de propos ici de parler de l'oeuvre de Skanderbeg, dont certaines actions se situent d'ailleurs aux confins du Kosovo, on rappellera que l'historien byzantin Doukas, au milieu du XVe siècle, donne pour principale cause du triomphe turc l'amoindrissement des Albanais, depuis la Dalmatie jusqu'à la Thrace [22]. Quant aux chroniques turques, elles ne manquent pas de mentionner les soulèvements albanais au Kosovo, spécialement celui de 1467 qui voit les "révoltés" piller les troupeaux dans la région de Tetova, sous la direction d'un "traître" nommé Iskender [23]. Il est donc évident qu'une importante population albanaise se trouvait au Kosovo dès avant la conquête turque, sans qu'il soit besoin pour expliquer ce fait, de supposer le déclenchement de migrations massives dont les sources ne parlent pas ; le fait qu'il ne soit jamais question de heurts entre Slaves et Albanais à l'époque du tsar Dušan et surtout lors de l'élaboration de la principauté des Kastriot tend au reste à prouver que le "pouvoir albanais" s'est étendu progressivement et a été généralement bien accepté par les populations locales, sans doute parce que celles-ci comprenaient déjà, de tous temps, d'importants éléments albanais. Quant à déterminer l'importance relative des Albanais par rapport aux Slaves au Kosovo au XVe siècle, il faut dire que c'est à peu près impossible, malgré les ressources nouvelles que nous apportent les registres cadastraux ottomans (defterler) que des éditions récentes mettent à notre disposition : le meilleur exemple en est la publication, en 1974, par Selami Pulaha, du registre du Sandjak de Shkodra, daté de 1485, et qui recouvre les régions de Shkodra, Peja (Peć), Podgorica (Titograd) et Bihor [24].
Soulignons d'abord l'extrême honnêteté avec laquelle S. Pulaha traite les riches données toponymiques et anthroponymiques fournies par cette source : il est bon de répéter avec lui qu'un Albanais peut fort bien porter un nom slave et réciproquement, et qu'une toponymie slave ou albanaise ne préjuge pas de la nature des populations considérées [25]. Cependant, il est sûr que l'usage conjoint d'une double toponymie et d'une double anthroponymie témoigne d'un mélange ethnique dont on peut, suivant les régions, doser les composantes en ce qui concerne le sandjak de Shkodra (qui, rappelons-le, comprend toute la zone kosovare de Peja), S. Pulaha distingue ainsi trois ensembles où l'élément albanais est plus ou moins représenté : région de Shkodra où les Albanais constituent l'énorme majorité, région de Piper, Shestan, Altun-ili, où semble s'établir un certain équilibre entre les deux populations, zone de Peja où les Albanais constituent une minorité considérable [26] et où l'on observe, entre autres choses, que bon nombre de villages qui portent un nom slave sont en réalité peuplés majoritairement d'Albanais [27]. La conclusion essentielle est qu'un mélange aussi intime entre les deux éléments de la population serait tout à fait inimaginable si l'un ou l'autre de ces éléments s'était récemment installé dans la région ; le cadastre ottoman de Shkodra démontre donc, surtout pour la zone de Peja, que les Albanais constituent bien une composante très ancienne de la population locale ; et comme, en outre, nous n'avons pas connaissance d'aucun mouvement massif d'Albanie vers le Kosovo avant le XVIe siècle, il faut penser qu'une bonne part de l'élément albanais kosovar puise ses racines dans la vieille population illyro-albanaise qui dominait depuis l'Antiquité [28]. En ce qui concerne le reste du Kosovo, beaucoup reste à faire, mais on doit savoir qu'a été conservé un très ancien registre cadastral qui, cette fois, s'applique au Kosovo central (Vilkili) de ce registre, daté de 1455, l'historien bosniaque A. Hanžić tire exactement les mêmes conclusions : l'imbrication extrême des deux populations implique, là aussi, la perpétuation du vieux substrat albanais [29].
Il faut ajouter que cet élément albanais fut renforcé, dès les débuts du XVe siècle, par une immigration " économique " surtout entraînée par l'exploitation des richesses minières du Kosovo, spécialement vers les importantes exploitations argentifères de Srebrenica et de Novo Brdo ; ces Albanais, toujours chrétiens bien entendu, sont des techniciens qui, très souvent, ont commencé par émigrer vers Raguse et qui proviennent surtout de l'Albanie côtière septentrionale (Tivar, Shkodra), mais aussi des zones montagneuses (Mati) [30]. Cependant, ces techniciens sont établis au Kosovo depuis parfois plusieurs générations ainsi en est-il de Petar Gonovich Priztenaz (de Prishtina) [31], de Johannes Progonovich de Novomonte (Novo Brdo) et sans doute de bien d'autres [32]. Il n'est pas sans intérêt de noter que, encore au dix-septième siècle, cette immigration d'Albanais catholiques attirés par le travail des mines se poursuivait et entraînait l'établissement de ces travailleurs à Novo Brdo, Gjakova, Prishtina, Trepça, au rapport des visiteurs envoyés par le pape dans la région [33].
Concluons : au Kosovo, ce sont évidemment les slaves ou les peuples slavisés, Bulgares puis Serbes, qui ont occupé, à partir du VIIe siècle, une région dont la population était massivement illyro-albanaise depuis l'Antiquité.
Certes, l'implantation slave et la slavisation inévitable d'une partie de la population originelle a permis aux Serbes, au début du XIIIe siècle, de faire du Kosovo leur principal centre politique et économique, mais nul ne pourra jamais savoir quelles étaient, à cette époque, les proportions respectives des deux éléments, dont la coexistence semble pourtant avoir été sans grand problème. Ensuite, la conquête ottomane et l'affaiblissement progressif de la Serbie a permis à la population albanaise, à la fois par réaction interne et grâce au flux migratoire pacifique des Albanais chrétiens du Nord, de peser d'un poids de plus en plus grand au Kosovo. Beaucoup d'études sont encore nécessaires pour pouvoir l'affirmer, mais il est probable que, avant même les migrations slaves de 1690 et 1738 [pure invention de l'historiographie pseudo-nationaliste serbe, comme Malcolm l'a montré], les Albanais constituaient, au Kosovo, une importante minorité, sinon la majorité de la population.
Il serait d'ailleurs injuste d'oublier que les Serbes ne furent pas les seuls à fuir les zones dès lors islamisées au moment même de la grande émigration serbe de 1737-38 : plusieurs milliers d'Albanais chrétiens quittent les zones montagneuses de la région de Shkodra et vont s'établir dans les environs de Karlovac, en Croatie où le gouvernement autrichien les utilise dans le cadre de sa politique de colonisation militaire; or, ces "Klementiner" [Këlmendi], comme les nomment les textes autrichiens, s'y trouvent intimement mêlés à des éléments serbes, émigrés au même moment et installés de la même manière, ils y maintiendront leurs traditions et leur langue jusque vers 1910, date de leur slavisation définitive [34].
La "déslavisation" du Kosovo est donc un faux problème : elle est seulement le résultat de ces vastes mouvements de convexion qui ont toujours caractérisé l'histoire des peuples balkaniques; appuyé sur un vieux substrat resté albanais, ce mouvement s'est fait sans violence tout au long du Moyen Age et des premiers Temps Modernes en sorte que les épisodes de 1690 et de 1738 doivent seulement être considérés comme son point d'aboutissement. Ce mouvement séculaire n'a évidemment rien à voir avec les vastes projets du gouvernement yougoslave qui, entre les deux guerres, cherchait à combiner le partage de l'Albanie avec l'Italie fasciste et l'expulsion massive des Albanais vers la Turquie [35].
Notes :
[1] Michel Aubin, "Du mythe serbe au nationalisme albanais", Le Monde, 5-6 avril 198 1, p. 2.
[2] Georges Ostrogorskij, Serska Oblast posle Dušanove smrti ("Le district de Seres après la mort du roi Dušan"), Belgrade, 1965.
[3] Sur les Serbes, en particulier, cf. H. Grégoire, "The Origin and the Name of the Croats and the Serbs", Bizantin, 17, 1945 et S. Novaković, "Srpske Oblasti X.-XI. veka" ("Les territoires serbes aux Xème-XIème siècles), Glasnik Srpskog društva, 1880, p. 48.
[4] La bibliographie sur les Illyriens est considérable. Il suffit de mentionner la collection archéologique "Illyria" (6 tomes publiés, Tirana 1971-1976) ; The Illyrians and the Genesis of the Albanians, Tirana 1971 et The Acts of the Conference of Illyrian Studies, en deux tomes, Tirana 1974.
[5] S.Anamali et M.Korkuti, The lllyrians and the Genesis of the Albanians in the Light of Albanian Archaeological Studies, dans la collection portant le même titre, pp. 1 1-39 ; sur les données linguistiques, cf. Eqrem Çabej, The Illyrians and the Albanians, dans le même tome, pp.41-52.
[6] B. Ćović, "Osnovne materialne karakteristike Ilira na njihovom centralnom području" ("Caractéristiques matérielles fondamentales des Illyriens dans leur région centrale"), Sarajevo Symposium, 1964, p. 101. cf. S.Anamaii et M. Korkuti, The lllyrians and the Genesis of the Albanians, p. 35.
[7] S. Anamaii, "From the Albanian Civilization of the Early Middle Ages", The Illyrians… pp. 184-187.
[8] lbidem, p. 185, 192.
[9] A. M. Selichev, Slaviansko naselenie v Albanii ("L'implantation slave en Albanie"), Sofia 1931, à étudier avec précautions, vu l'ardeur de ses préjugés bulgarophiles.
[10] S. Novaković, Zakonski spomenici srpskih država srednjega veka ("Recueils juridiques des États serbes au Moyen-Âge"), Belgrade 1912, pp. 628-701.
[11] Cf. en particulier les ch. 77 et 82 du Code de Dušan --N. Radojčić, Zakonik Cara Stefana Dušana ("Le Code de l'empereur Stefan Dušan"), Belgrade 1960, pp. 57-58).
[12] J. Kantakuzen, Histoire, Ed. de Bonn, 1, p. 55, t. 1, p. 279.
[13] Cf. Bokardus, Directorium ad passagium faciendum, "Historians of the Crusades", Armenian Historians, 11, pp. 484-485.
[14] Laonikos Chalkokondylis, Histoire, Ed. E. Darko, Budapest 1922-1926, 1, pp. 277-278.
[15] Ibidem, 11, pp. 277-278.
[16] Hierax, Chronique sur l'empire des Turcs, Sathas ; Biblioteca graeca, 1, p. 247.
[17] Idrisi Bitlisi, "Chronique sur l'empire des Turcs, fols. 188-190 (a)" ; in Selami Pulaha, The Albanian-Turkish War of the 15th Century (Ottoman sources), Tirana 1968, pp. 134-138, 142.
[18] S. Pulaha, op. cit., pp. 251-252, 297.
[19] Publié par Radonić, Gjuragj Kastriot Skanderbeg i Arbanija u XV. Veku ("Georges Castriote Scanderbeg et l'Albanie au XVème) siècle"), Belgrade 1942, p. 2.
[20] Archives d'État de Dubrovnik, "Litterae et Commissiones Levantis", X, p. 84 v. (17 mars 1428).
[21] Ibidem, XIV, f. 248 (5 janvier 1448).
[22] Dukas, Istoria Turko-Byzantina, XXIII, 8. Ed. Grecu, Bucarest, 1959, p. 179.
[23] Kemalpasazade, Chronique, f. 254 in Pulaha, op. cit., p. 191.
[24] Selami Pulaha, The Cadastral Register of the Shkodra Sandjak of 1458, vol. 2, Tirana, 1974.
[25] S. Pulaha, op. cit., pp. 31-32.
[26] Ibidem, pp. 33-34.
[27] Ibid., p. 34, compte 15 villages dans ce cas.
[28] S.Pulaha, op. cit., pp. 34-35. On doit noter que c'est aussi la conclusion du grand historien yougoslave [mais non, il était croate.], Milan Šufflay, tué en 1925 par les Oustachis [les Oustachis n'avaient aucune raison de lui en vouloir ; c'étaient évidemment les Tchetniks serbes] (M. Šufflay, Povijest sjevernih Arbanaša ("Histoire des Albanais du nord"), réimprimé à Prishtina 1968, pp. 61-62).
[29] A. Hanžić, Nekoliko vijesti o arbanašima na Kosovu i Metohiji sredinom XV. vijeka ("Quelques informations sur les Albanais de la Kosove et du Plateau de Dukagjin au milieu du XVème siècle), "Symposium on Skanderbeg", Prishtina 1969, pp. 201-209. S. Pulaha, "Albanian Element according to the Onomastics of the Regions of the Shkodra Sandjak in the Years 1485-1582", Studime historike, 1972, 1, pp. 63 et suiv.
[30] Consulter notamment les documents extraits des archives d'État de Dubrovnik et particulièrement le Livre de Comptes de Mihal Lukarević (M.Dinić, Iz Dubrovačkog arhiva 1 ("Extraits des archives de Dubrovnik, t.1"), Belgrade 1957. Exemples p. 65 ("Dom Marin de Antivaro", "Andria Nicholich Arbanexo de Matia").
[31] M. Dinić, op. cit., p. 68.
[32] Ibidem, v. aussi les Archives d'État de Dubrovnik, Pacta Matrimonalia II, f. 103 v. (11 décembre 1459).
[33] Cf. I. Zamputi, Report on the Situation of Northern and Central Albania in the 17th Century, volume 1 (1610-1634), Tirana 1968, et le rapport du visiteur apostolique Pjetër Mazrreku en 1623-1624.
[34] L. von Thalloczy, "Die albanische Diaspora", Illyrisch-Albanische Forschungen (Vienna 1916), vol. 1, p. 314, ss. Cet article, outre les archives de la place forte de Karlovac, sur l'Archiv des Gemeinsamen Finanzministeriums, Vienne, notamment VI, p. 25, 1739.
[35] C'est ce que nous pouvons conclure du mémorandum of Vaso Ćubrilović, "L'Expulsion des Albanais" [Iseljavanje Arnauta], écrit en 1937, qui envisageait un transfert massif vers la Turquie de la population du Kosovo. Ces problèmes (et notamment le rapport écrit sur la question en 1939 par Ivo Andrić, et l'ampleur de l'émigration albanaise vers la Turquie entre les deux guerres) sont traitées par M. Roux, "Language and the State Power in Yugoslavia. The Case of the Albanians", Pluriel 22, Paris, 1980.
Ecrit par : Sebaneau | 07.07.2008
Comme je le soupçonnais, l'"église de la Sainte Trinité" dans le village de Petrič sur la route Prishtina-Peja est une construction récente (1992), destinée à remplacer une population serbe qui fait résolument défaut comme moyen d'affirmer les prétentions souveraines de l'état serbe sur un territoire de plus en plus monoethniquement albanais.
"Les constructions orthodoxes serbes du Kosovo — aussi bien les monuments médiévaux qui subsistent que le produit des programmes de construction du XX° siècle — ont servi de substitut à un peuplement serbe défaillant pour asseoir les prétentions territoriales souveraines de l'état serbe sur le Kosovo"
[http://www.bosnia.org.uk/bosrep/report_format.cfm?articleid=796&reportid=151]
Pur instrument et simple prétexte de l'annexionnisme belgradois, il était naturel que les patriotes kosovars la détruisent.
Les deux tiers des églises "serbes" détruites par les Kosovars, au cours des épisodes d'anarchie de l'été 1941, de l'automne-hiver 1943-1944, de la libération de 1999 et des émeutes de mars 2004, étaient de tels symboles politiques, posés comme un prédateur pose ses déjections sur son territoire de chasse pour le marquer.
Ecrit par : Sebaneau | 07.07.2008
"les Turcs n'ont jamais comptabilisé les Serbes ou les Albanais, ils ont comptabilisé les Orthodoxes et les catholiques ! il n'y a jamais eu de resencement mais l'établissement d'un cadastre"
Voilà ici un procédé de rhétorique marxiste-stalinienne, maintenant les orthodoxes présent dans cette région à l'époque de la conquête turco-musulmane ne sont plus Serbe, mais Valaques ou autre, ca pue tellement le mensonge que ca en devient grotesque. Vous faites preuve d'un négationnisme à gerber. C'est abjecte comme procédé, non seulement vous niez la réalité et l'histoire de cette région, mais en plus de cela vous reprenez à votre compte les thèses nazis-stalinienne. Vous êtes à vomir., c'est pitoyable.
Ecrit par : Marco | 26.09.2008
1-3% d'Albanais au Kosovo et Métochie en 1455, le jour ou vous trouverez dans un quelconque ECRIT de l'époque que le reste de la population était VALAQUE, donc des Roumains, faites nous signe. j'ai bien rigoler sur ce coup, tellement c'est gros comme une maison cette ineptie, c'est tellement grotesque que j'ai honte pour vous.
Ecrit par : Marco | 26.09.2008
Moi ce cont les commentaires de cet idiot de Marco qui me font vomir. J'espère vraiment qu'une petite partie du peuple serbe soit au dessus de ce niveau. Ce qui est à vomir, petit con, ce sont les crimes des serbes contre les albanais avec leur culmination en 1999. Mais ça, tous les serbes le passent sous silence, et ne font qu'écrire des thèses ridicules sur combien d'albanais il ya vait au 8e siècle, et combien au 14eme. Et pourtant l'Europe + les Etats Unis vous ont donné une bonne leçon, mais le peuple serbe, à l'image de ce dégoûtant personage de Marco, s'obstine dans la boue où il est tombé et ne sait avoir aucune vision.
Ecrit par : Nathalie | 17.03.2009
je n'ai jamais prétendu que tous les orthodoxes étaient valaques ou albanais ... il y avait une majorité serbe mais pas du tout de l'ordre de 98 % ... et comme je l'ai dit, que fait-on des Albanais et des Valaques nomades, réduits à cet état ?? les conversions forcées à l'orthodoxie de catholiques albanais ??
Un exemple supplémentaire de méprise: le fameux héros Milos Obilic ... s'appelait en réalité Milos Kopilic ! et devinez ce qui a en partie motivé la modification de son patronyme ... et bien ce qui l'a motivée c'est le fait que "kopil" soit un mot albano-valaque, et que vraisemblablement, Milos Kopilic devait avoir une autre origine que serbe ... valaque sans doute.
Ecrit par : de passage | 20.04.2009
Hahahahahah veuillez m'excuser s'il vous plait vous gens censés car il y en a surtout un ici, dénommé "marco", qui se met de la merde dans les yeuxs expressément car ça les arrange et en fait c'est tout ce qu'il leur reste car en fait LA VERITE ils la connaissent et bien mieux que nous, croyez-moi!
Slave= crapule, slave= criminel.
Désolée de faire des généralités mais ce n'est que la stricte vérité et rien d'autres.
EN tout cas, je peux dire tout simplement un grand BRAVO et beaucoup de respect pour la personne du nom de "sebaneau" qui m'a laissée sans voix en ce moment.
La Serbie a toujours eu la mauvaise politique de vivre sur une propagande montée de tout pièce surtout concernant l'histoire des albanais.
Les politiciens essayent et essayent de leurrer leur peuple qui les suit comme des chiens ouaf ouaf mais en fait cela les arrange de croire à tous ces mensonges car ils n'ont rien de bien à raconter à part des crimes contre l'humanité et pas seulement au Kosovo mais également en Croatie et surtout en Bosnie!
Bon,je vous laisse car franchement j'aurais eu honte à la place de beaucoup de serbes d'avoir ces origines car une personne qui se dit humaine, se révoltent contre les actions que ses dirigents effectuent mais en fait au lieu de cela, les slaves ne savent que se plaindrent à la communauté internationale que se sont eux les victimes ahahahah avec une hache, un fusil ou une mitraillette à la main tuant enfants, femmes, vieux, et on voulu faire croire au monde entier, qui en fait les a bien vu.
Criminels et rien d'autres!
Ecrit par : Elza | 30.07.2009
Je voudrais simplement dire que vouloir présenter Arkan et Mladic et la Serbie en général comme les défenseurs de la chrétienté contre un soi-disant Islam radical relève tout simplement de la propagande pure. A l'époque, je dis bien à l'époque, l'Islam en Bosnie était le plus tolérant du monde. Mladic est celui qui durant des années a bombardé des civiles à partir des collines qui encerclaient les villes bosniaques. Ceci n'est pas de la propagande anti-serbe mais des faits pour tous ceux ayant un tant soit peu d'honnêteté et qui ont pu suivre les évènements au jour le jour dans cette sale guerre déclenchée par Milosevic. Quant à Arkan, il n'a été rien d'autre qu'un mafieux qui éliminait ses concurrents et ceux qui lui résistaient et qui pendant la guerre s'est livré à des exactions contre des civiles surtout croates et c'est bien sous son commandement que les forces paramilitaires exterminaient les civiles bosniaques et croates CATHOLIQUES ! Exhiber une grosse croix sur la poitrine ne suffit pas à faire un bon chrétien, en l'occurrence ce dernier ne l'était sûrement pas compte tenu des crimes terribles commis sur des êtres humains désarmés, femmes et enfants compris.
La guerre déclenchée par les serbes n'avait d'autre but que celui d'accroître le territoire des serbes, il s'agissait d'étendre leur territoire en détruisant les mosquées en Bosnie et les églises en Croatie, en exterminant les non- serbes et dans les meilleurs des cas en les chassant de leurs foyers. Ceci est d'ailleurs confirmé par les propres dires de Milosevic, Mladic, Arkan, et tous les acteurs serbes qui ont planifié, organisé et mené à bien ce nettoyage ethnique. Les mêmes méthodes ont été employées au Kosovo en 1999, il suffit de se souvenir les centaines de milliers de kosovars poussés sur les routes hors du Kosovo. Ça non plus ce n'est pas de la propagande mais la réalité. Si la Serbie a perdu le Kosovo c'est à cause de sa propre politique ultra-nationaliste qui s'apparente plus, soi dit en passant, au nazisme par bien des aspects, un des aspects est cette aspiration séculaire et maladive à chercher à accroître son territoire au détriment des autres peuples, les moyens important peu...
Autre chose, au Kosovo l'Islam radical n'a aucune chance de s'implanter, une grande majorité de kosovars ne sont pas pratiquants et ne supporteront pas, ayant une forte volonté indépendantiste, que des barbus viennent leur imposer quoi que ce soit, d'autres part au Kosovo il y a une minorité non négligeable de catholiques....
La Bosnie en revanche risque bien de basculer vers le radicalisme et cela pose problème...mais il convient d'en rechercher les causes dans la passivité et l'impuissance de l'Europe ainsi que dans son manque de réelle volonté à l'époque pour stopper l'agression serbe sur la Bosnie. Ce n'est pas pour rien que la Bosnie s'est tournée vers l'Arabie Saoudite et on en voit aujourd'hui les conséquences.
Salut!
Ecrit par : Didi | 20.09.2009
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