08.09.2011

Le quotidien polonais Nasz Dziennik interroge Joachim Véliocas

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Nasz Dziennik est un quotidien catholique polonais tirant à 200 000 exemplaires. La journaliste Anna Bałaban a longuement interrogé le directeur de l'Observatoire de l'islamisation sur les raisons de la progression de la présence musulmane en France. Un phénomène étonnant vu depuis la Pologne où la France reste la fille ainée de l'Eglise:

Anna Bałaban: La culture religieuse musulmane semble s’épanouir en France… Comment est-ce possible ?

Joachim Véliocas:  C’est une question bien complexe. Il faudrait revenir dans le passé. Dans les années 60, sous la pression du patronat qui voulait être moins dépendant de la puissance des syndicats de gauche et sous-payer la main d'œuvre, l'immigration de travail a commencée à être soutenue sous le président Pompidou, puis cette immigration qui devait être passagère s'est installée durablement de par la loi du "regroupement familial" imposée par la charte sociale européenne du Conseil de l'Europe en 1973, Giscard d'Estaing fut contraint en 1976 par le Conseil d'État à renoncer à son projet de suspendre l'immigration familiale afin de se conformer au nouveau droit européen. Aujourd'hui, un travailleur Africain avec un salaire minimum peut faire venir toute sa famille, beau-père compris, la Convention européenne des droits de l'homme le garantie. En France, chaque année et ce depuis les années 80, 200 000 titres de séjours automatiquement renouvelables tous les 10 ans sont distribués. Autre porte d'entrée, les visas courts séjour, permettant aux migrants d'entrer légalement, mais de rester illégalement une fois leur droit expiré.

 

- Et les Français se rendent compte de cet état de choses ? L’acceptent-ils ?

- Les médias ne parlent que des titres longs séjours et occultent systématiquement les visas courts séjours (presque 500 000 par an pour le Maghreb et la Turquie). Si les Français lisaient ces chiffres dans les journaux ils seraient effrayés, mais ils sont soigneusement camouflés. Aujourd'hui, seul 7% des 200 000 titres de séjours distribués vont de paire avec un contrat de travail, et dans les cités de l'immigration le chômage atteint 40 %. Les volontaires pour aller travailler dans les chantiers sont surtout les Portugais et les Polonais.

 

- L’islamisation progresse, mais comment l’expliquer dans la situation où 90% d’habitants  sont toujours des non-musulmans ?

- Il faudrait  citer plusieurs facteurs. D’abord, c’est l'abandon de l'apostolat dans l'église de France, au nom d'un dialogue interreligieux mal compris. On sait bien que cela n’a pu qu’entraîner des abandons de l’Église par les fidèles. Puis, c’est l'impossible assimilation culturelle non pas d'individus, mais de groupes ethniques et musulmans concentrés territorialement. À cela s’ajoute l'excellent travail des missionnaires de l'islam. On ne peut négliger non plus la profusion de nouvelles mosquées, voulues, contrôlées et financées par le Maroc, l'Algérie et la Turquie. Enfin il faudrait mentionner aussi le maintien dans leur culture d'origine des jeunes dès l'école primaire, par les "ELCO", enseignement de langue et culture d'origine, par des enseignants dépêchés par les pays d'origine afin de transmettre l'arabe et l'islam dans nos écoles publiques...

 

- Voyez-vous une solution face au phénomène ?

- Je suis assez pessimiste, les médias sont verrouillés, il n'y a pas de représentation du peuple proportionnelle à l'assemblée nationale, les partis alternatifs au système actuel n'ont pas assez de crédibilité et de cadres sérieux. Seuls des évènements exceptionnels pourraient provoquer un sursaut. En tout cas, la seule manière d'inverser la vapeur est de sortir des institutions européennes qui nous imposent des demandeurs d'asiles, des regroupement familiaux, une ouverture des frontières et qui nous interdisent des expulsions groupées, cela nous conduisant à devenir une minorité sur notre sol dans moins de 50 ans.

 

- Suggérez-vous que la France doive sortir de l’Union européenne ?

- Il ne faut pas sortir de l'intégralité des institutions européennes, mais ne plus reconnaître des organismes étrangers comme la Cour de Justice de l’Union européenne qui par exemple dans un avis du 22 juin 2010 limite fortement, en vertu du système Schengen et de la libre circulation, la possibilité d’opérer des contrôles frontaliers dans une bande de 20 kilomètres pour lutter contre l’immigration illégale. La Cour européenne des droits de l’homme ne doit pas imposer non plus ses arrêts délirants à notre pays, comme par exemple l'obligation de maintenir sur notre sol des délinquants étrangers. Plus généralement, les politiques relatives à l'immigration doivent rester des compétences nationales, depuis les traités d'Amsterdam et de Lisbonne, les peuples de l'UE sont dépossédés de leur souveraineté en la matière.

 

- Une nouvelle évangélisation, pourrait-elle sauver la France ?

- Certes, mais les jeunes Français sont loin de renouer avec leur foi catholique. Ils se sont laissé posséder par le matérialisme, l'individualisme et l'hédonisme. on se regroupe par tribus sociales (se basant sur la musique, un style vestimentaire etc.), 90% des baptisés ne vont à la messe que pour les mariages et les enterrements... La France est aujourd’hui complètement laïcisée. D'ailleurs, il n'est pas possible d'entrer dans les banlieues musulmanes parler du Christ : le prosélytisme des "infidèles" est interdit en islam...des évangélistes viennent de se faire agresser la semaine dernière dans un quartier de Nice !

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31.08.2011

Alain-Gérard Slama enfin lucide sur l'islam et l'immigration

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Lu dans Le Figaro du 31 août, chronique de A-G Slama intitulée "Islam-Occident: la nécessité d'une vision" :

"Des millions de musulmans attirés par la recherche de meilleures conditions de vie, sont devenus citoyens de plein droit en Europe. Ils revendiquent le même droit en Allemagne. Parmi eux, beaucoup, sinon la plupart, ne sont pas pour autant devenus des citoyens à part entière, compte tenu de leur attachement à une religion dans laquelle Dieu et César, le droit divin et l'Etat, la communauté et la société ne font qu'un. L'intégration à un modèle laique de fidèles qui se définissent par rapport à leur seule religion, et pour lesquels ceux qui ne partagent pas leur croyance sont des infidèles n'est certes pas une mission facile; elle reste pensable quand il s'agit de minorités éduquées, désireuses de se plier aux lois du pays d'accueil. Elle devient impossible quand elle se heurte au grand nombre"

Jusqu'en 1998, Alain-Gérard Slama a été le titulaire de la direction d'études de culture générale à Sciences Po (IEP de Paris). Jusqu'en 2007, il y a été professeur d'histoire des idées politiques et il y est toujours maître de conférences en Droit et en Littérature. Il a été par ailleurs directeur d'études au Collège interarmées de défense  (École de guerre) de 1993 à 1996.

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26.07.2011

Oslo : la faute au "fondamentalisme Chrétien" (Guidière) ?

addendum 26/07 : Mathieu Guidière se contredit sur RMC : "(Avec Anders Behring Breivik) on n'est plus dans le fondamentalisme, on est dans le terrorisme"

::Communiqué de Joachim Véliocas, directeur de l'Observatoire de l'islamisation::

(actualisé 01:11 le 26.07.2011)

Ce matin, dans Le Figaro, j'ai lu l'article de Mathieu Guidière, titulaire de la chaire "islamologie et pensée arabe" à Toulouse II, dont j'apprécie habituellement les tribunes et entrevues qu'il donne dans les médias, et regrette de n'avoir pas encore eu le temps de lire ses ouvrages.

Avant de lire mes remarques, il est important de lire en entier son article.

Voici les passages qui m'ont fait bondir , tout comme beaucoup de lecteurs du Figaro dans les commentaires :

"Breivik représente, selon moi, un nouvel avatar du terrorisme global, celui du fondamentalisme chrétien né en réaction aux attaques du 11 septembre 2001. (...)Les années Bush ont mis le paradigme médiéval à la mode, c'est-à-dire qu'elles ont privilégié une approche religieuse et dichotomique du monde, une logique conflictuelle: la civilisation musulmane contre la civilisation chrétienne. Sauf que le fondamentalisme chrétien est le pendant du fondamentalisme islamiste. Les uns et les autres affichent la même terminologie, les mêmes concepts, les mêmes référents historiques, en l'occurrence l'époque des croisades."

Je comprends ce que veut dire Guidière: Bush a donné une orientation simpliste et  dangereuse à la mouvance neo-protestante américaine, dont il a manipulé les émotions en ne lésinant pas sur la désinformation pour emporter l'adhésion de son peuple dans ses aventures guerrières. Il a commis la faute d'instrumentaliser le référentiel passé catholique des croisades pour légitimer ses guerres expansionnistes (propres à tout empire), dans une logique de "guerre juste" et "totale" qu'a très bien explicité le penseur  Carl Schmitt (1888-1985). Mais pourquoi, pourquoi employer le terme ambivalent de "fondamentalisme chrétien", qui pourrait donc englober dans l'esprit moins clarvoyant des lecteurs des catholiques traditionnalistes ou même le Pape dont le conservatisme est plus que brocardé dans les médias ? Guidière aurait pu préciser qu'il ne parle que d'une partie des seuls protestants, plus précisemment sa tendance "évangélique/Born again" américaine (et encore sa frange dure)  car c'est justement à cause de ce flou entretenu (souvent involontairement) que les Chrétiens d'Orient (Maronites, Coptes, Melkites, Assyro-Chaldéens) sont amalgamés aux va-t-en guerre Bushistes ! Les conséquences de cet amalgame ont des répercussions moins tragiques pour les catholiques d'Europe, Dieu soit loué, mais le fait est que la condamnation du Pape lors de l'intervention américaine en Irak a eu beaucoup moins d'echos que la déclaration tonitruante de "croisade" par Bush. Concernant la peur d'une  -supposée ou réelle - invasion/islamisation du continent européen, même la très traditionnaliste Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X de Mgr Lefebvre (+1991) propose sur l'immigration des solutions équilibrées , évoquant une  prudente limitation tout en posant la nécessité du co-développement par la plume de l'Abbé Cellier dans un ouvrage récent. Voilà pour la droite de la droite de l'Eglise !

Maintenant si on veut être rigoureux sur le profil de l'assassin il convient de préciser que :

1- Il n'allait JAMAIS à la messe ou au culte, ce qui fait désordre pour un fondamentaliste non ? Ses références à la Chrétienté sont uniquement culturelles et idéologiques. Ainsi on peut lire dans son mémoire que : "Puisqu'il s'agit d'une guerre culturelle, notre définition d'être chrétien n'implique pas nécessairement d'avoir une relation personnelle avec Dieu ou Jésus(...)Donc on n'a pas besoin d'avoir une relation personnelle avec Dieu ou Jésus pour se battre pour notre héritage culturel chrétien. Il vous suffit de vous considérer comme Chrétien-Agnostique ou Chrétien-athée" (SIC)

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2- Par contre il fréquentait assidument sa loge maçonnique. Maître à la loge de saint Jean Saint-Olaf aux trois colonnes,  Ivar A. Skar, grand maître de l’Ordre norvégien des francs-maçons (Grande Loge de Norvège) vient de l'en exclure. Breveik salue dans ses écrits le "rôle vital dans la société" de la maçonnerie. Et c'est là que la référence graphique et idéologique aux Chevaliers des Templiers devient limpide. En effet, des tendances non marginales de la Franc-maçonnerie ont depuis longtemps revendiqué l'héritage de l'Ordre décimé par Clément V, voyant dans la condamnation de son dernier chef  (Jacques  Molay, 1314) par l'Eglise  une injustice à venger. Les premières traces de ce courant "neo-templier" sont apparues en Allemagne, considéré par les experts comme la quatrième source de la Franc-maçonnerie, ayant notamment alimenté la symbolique des rites supérieurs à la maçonnerie de base (dite bleue) , dès le grade "Rose-Croix" . Explicite, le grade du 17eme degré s'appelle "Chevalier d'Orient et d'Occident". Dans un discours du 8 avril 1839 l'officier du Grand-Orient de Bainville a dans la Loge des chevaliers de la Croix expliqué que" l'ordre maçonnique est une émanation de l'Ordre du temple , dont vous connaissez l'histoire et les malheurs, et il ne peut  pas être raisonnablement autre chose" (désolé pour la datation ancienne mais il s'agit d'une illustration). Encore plus vérifiable (BNF) et officiel, on citera Le Globe, initiations maçonniques (Paris, 1839) où on lit " l'ordre maçonnique fut établi dans le XIV eme siècle par des membres de l'Ordre du Temple, d'obédience du grand-prieuré d'Ecosse". La maçonnerie se solidarise avec l'ordre proscrit par l'Eglise, dont les aveux des membres issus des procès verbaux présentés en son temps par Michelet (grand historien de l'Institut, FM) font apparaître des négations de la divinité de Jesus ou de sa crucifixion. L'incompatibilité totale de la Franc-maçonnerie avec la foi catholique s'exprime clairement dans le grade du Chevalier Kadosch (saint, purifié, consacré en hébreu), correspondant au 30 eme degré Ecossais ancien (aussi appelé chevalier de l'Aigle) où le rite prévoit un costume de chevalier templier que revêt l'initié  (La revue de référence "Tuileur de l'Ecossisme" édité chez Delaunay en 1821 parle de ce grade comme "le nec plus ultra de la Maçonnerie Templière"), poignard en main, où il doit prononcer le mot Nekam ("vengeance" en hébreu à l'encontre de la papauté) et répondre à l'injonction " Foule au pieds cette image de la superstition, brise la" ...correspondant à un crucifix placé à même le sol...voilà pour le rapport avec le catholicisme qui a par ses papes condamné l'appartenance à la Franc-maçonnerie dans pas moins de douze encycliques. 

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"Breivik s'est d'ailleurs qualifié de «templier»" Guidière, Figaro du 25.07.2011

Représentation imaginaire de Jacques de Molay datant du XIXe siècle, référence obsessionelle de la Franc-maçonnerie... le site internet de Franc-maçonnerie Magazine fait de la publicité pour un ouvrage maçonnico-ésotérique sur les Templiers. Et pour les démagogues qui voudraient établir un parallèle entre les Croisés d'hier (logique initiale de défense d'un territoire occupé) avec les Djihadistes de tout temps (logique de conquête), on les orientera vers les travaux de  René Grousset de l'Académie fançaise ou ceux du professeur Jacques Heers, un des meilleurs médievistes contemporain.

 Pourquoi Guidière occulte toute cette facette de l'existence  de Breveik qui devait l'occuper plusieurs fois par mois, qui a dû alimenter son imaginaire symbolique et surtout idéologique ? Guidière en  balayant d'un revers de main une telle manne explicative laisse pantois...

3- Faire un parrallèle symétrique entre un "fondamentalisme Chrétien" qui renvoit au fondement des textes de l'Evangile emplis d'amour (y compris pour ses ennemis !) et un "fondamentalisme islamiste" (Guidière n'a pas le courage d'écrire "fondamentalisme islamique" ou musulman) qui renvoit au texte coranique et à la Tradition du hadith dont on n'ose relever le nombre d' occurences du mot combat (qital) contre les Juifs et Chrétiens (versets de l'épée, abrogeants)  et où on chercherait en vain le mot "amour" de Dieu pour les hommes, dénote au mieux un manque de rigueur intellectuelle, au pire une sournoise christianophobie...

Joachim Véliocas, Observatoire de l'islamisation, 25 juillet 2011

Dernier livre paru : Ces maires qui courtisent l'islamisme, Tatamis, 2010

15.06.2011

Le drôle de panthéon islamique de BHL : retour sur un bloc-note délirant

 Ce que Boniface aurait pu ajouter dans son livre...s'il n'était pas islamophile.   

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BHL voulait s'insurger contre les Assises sur l'islamisation en convoquant des grands penseurs musulmans comme preuve de " grandeur et douceur" de l'islam,  sans les avoir lu de toute évidence. Car ses références lumineuses auraient aujourd'hui lapidé Sakineh, condamné les apostats, fait fermer les salles de concert et déclenché le djihâd contre les Etats non-musulmans...On ne s'improvise pas islamologue.

Dans son Bloc-note du 23 décembre 2010, Bernard Henri-Lévy a commis un "Botul puissance 10", mais aucun journaliste n'a relevé, ce qui confirme l'ignorance du microcosme parisien quant à la pensée islamique. Botul, c'est le philosophe qui n'a existé que dans l'esprit d'un journaliste du Canard enchaîné, accessoirement agrégé de philosophie, qui avait inventé ce personnage que BHL cite dans son dernier livre au titre aussi pédant que lui, comme un phare de la pensée contemporaine. Une gaffe dont les médias s'étaient bien gaussés. Eh bien ils vont pouvoir remettre le couvert car celui qui conspue "L'idéologie française" (une fumeuse dénomination pour mettre sur le dos des Français attachés à leur souveraineté et identité la responsabilité des maux du XXème siècle grâce à des techniques d'amalgame dont BHL a le secret) a aligné les bourdes. Remettons la citation dans son contexte, un Bloc-note intitulé L'honneur des musulmans destiné à s'insurger contre Les Assises sur l'islamisation :

"l’amalgame qui fait de 5 millions de citoyens des occupants en puissance, contre l’acte de violence symbolique inouïe qui fait d’une spiritualité la figure même du pire, c’est-à-dire du nazisme, il est urgent que des voix s’élèvent pour rappeler : primo, que l’immense majorité de ces musulmans sont des Français qui n’ont plus avec l’islam qu’une relation d’appartenance culturelle vague ou familiale ; mais, secundo, que, quand bien même cela ne serait pas, quand bien même ils seraient tous de pieux observants, attachés à leurs rites et aux mosquées où ceux-ci se pratiquent, il faut être un sombre crétin pour ignorer que cette pratique a, comme les autres, sa dignité – on peut être juif, chrétien, voltairien, athée, on peut n’avoir, avec le Coran, aucune affinité particulière, et être pourtant sensible à la grandeur, la douceur et l’honneur de l’islam quand il a ses sources, aussi, chez Averroès, Al-Kindi, Al-Farabi, Al-Ghazzali ou dans « Les clés du mystère » de Fakhr ad-Din ar-Razi."

Pour tout islamologue, présenter ces grandes figures de la pensée ou du juridisme musulman comme des modèles de douceur et de tolérance est bon pour les plateaux télévisés, mais quant à la vérité historique, ce n'est pas dans Le Point qui construit ses Hors-Série sur l'islam avec le concours de Tariq Ramadan qu'il faut la chercher...

Présentons donc les figures honorables incarnant l'islam modéré de Bernard Henri-Levy :

 

- Al-Ghazzali ? il aurait lapidé Sakineh !

Ghazzali (1058-1111) connu pour être un éminent juriste muslman, est notamment celui qui s'est opposé de manière virulente aux philosophes dans son livre Tahafut al-Falasifa (L'incohérence des philosophes) (1095) expliquant que ces penseurs vont à l'encontre de la révélation coranique. Un siècle plus tard, Averroes déconstruit la position de Ghazali dans une réplique intitulée Tahafut al-Tahafut (incohérence de l'incohérence), ce qui n'empêche pas BHL d'accoler leurs noms malgré tout ce qui les oppose.

Selon le professeur tunisien Yadh Ben Achour dans son livre Aux fondements de l'orthodoxie sunnite (PUF, 2008)"chez Ghazali, le pouvoir est considéré comme une force de contrainte et de coercition qu'il appelle shawka (pointe,aiguille,éperon)" (page 48)

Al-Ghazzali est donc un orthodoxe, dans son Livre du Repentir, il confirme les châtiments devant être infligés à ceux qui ne se plient pas à l'ordre islamique totalitaire. Sur le vin : " Le fait que la loi religieuse institue une peine légale pour la consommation du vin montre la gravité de son cas. Donc cela fait partie des pêchés majeurs en vertu de la loi religieuse" ( édition La Ruche, 2003, page 72). Ghazzali dans le même livre, rappelle à de multiples reprises que l'écoute de la musique fait partie des péchés à expier, dénonçant "l'obscurité provoquée par le péché de l'écoute de la musique" (page 75). Un homme tolérant ce Ghazzali, il aurait fait fermer les cafés-concert jazz de St-Germain des Près, qu'en pense BHL ?

Mais ce qui devrait inciter BHL à beaucoup plus de prudence lorsqu'il cite des "penseurs" musulmans portant en eux "la grandeur, la douceur" de l'islam, ce sont leur écrits sur la lapidation, le grand combat actuel de BHL qui défend la malheureuse iranienne Sakineh suspendue à la peine de lapidation pour relation extra-conjuguale. La punition physique en islam classique des femmes ayant eu des relations sexuelles hors mariage n'a jamais été abrogée par les oulémas. Et pour cause, ce châtiment a été ordonné par Mahomet lui même. Ghazzali, toujours dans son Livre du Repentir que BHL n'a évidemment pas lu, prend l'exemple de la pauvre femme nommée al-Ghâmidiyya s'accusant auprès de Mahomet d' avoir forniqué. Sympa, Mahomet attend que finisse la grossesse avant d'ordonner à ses sbires : "Il remis alors l'enfant à l'un des musulmans puis il ordonna qu'on creuse  pour elle un trou jusqu'à la poitrine. Ensuite, il ordonna aux gens de la lapider" (page 126) . Voilà un grand classique de jurisprudence rappelé par Ghazzali, dont le nom a été choisi par la Grande Mosquée de Paris pour baptiser son Institut théologique, comprendre école de charia. BHL pour rester cohérent dans son combat contre la lapidation va-t-il demander la fermeture de cette vénérable institution ? Non il préfère traquer ses "nazis" imaginaires, qu'il pense avoir débusqué au Bloc Identitaire !

Le Jihâd contre les "mécréants" :

La distinction entre petit (combat armé) et grand jihâd (combat intérieur, spirituel) n’est mentionnée ni dans le Coran, ni dans les six recueils classiques des hadith reconnus comme authentiques. Cette nouvelle acception du terme dans sa dimension de combat spirituel contre ses mauvais penchants (grand jihâd), provient de l’école Soufie et  n’apparaît qu’au IX ème siècle. Al-Ghazâlî  enseigne dans La mesure des Actes que la distinction entre petit et grand jihâd aurait été défini par les compagnons de Mahomet :

« Combattre effectivement est aussi malaisé que de reprendre le souffle. Seul le connaîtra celui qui cherche à extirper l’appétit de son âme. C’est pourquoi les compagnons ont dit « nous revenons du « petit jihâd » pour aborder le « grand jihâd » ils ont donné à la lutte à l’épée contre les mécréants le nom de « petit jihâd ». C’est ainsi que quand on a demandé au prophète « quel est le meilleur des jihâd Ô envoyé de Dieu » il a répondu « Le combat contre tes passions ». Ghazali, La Mesure des Actes, édition Albouraq, 2005 .

Dans son Livre du Repentir cité plus haut, il cite al-Khudrî donnant des pieux conseils : "Attache-toi au jihâd (combat sur le chemin de Dieu), car c'est le monachisme de l'Islam" (page 188)

 

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Photo : BHL lors d'un entretien amical avec des officiers  Bosno-musulmans tiré de son documentaire Bosna! (1994). A l'époque, il soutenait les troupes de l'islamiste Alija Izetbegovic auteur de la fameuse Déclaration islamique théorisant la séparation avec les infidèles, par la violence si nécessaire. Les camps de tortures pour civils serbes mis en place à Tarcin et Celecebi étaient manifestement ignorés du "philosophe". Mis en place par les brigades neo-nazies HOS, ces camps furent visités par Izetbegovic qui deviendra le premier président de la Bosnie indépendante grâce au soutien de  l'Iran,  Mitterand et de son VRP BHL.. Plus d'information en relisant notre dossier sur les criminels de guerre bosniaques.

- Averroes et le djihâd 

L’islamologue Dominique Urvoy, dans sa biographie d’Averroès (Dominique Urvoy, Averroès. Les ambitions d’un intellectuel musulman, Flammarion,1998 p.146) écrit que le philosophe aurait été obligé d’accepter la condamnation de Salman Rushdie s’il avait vécu à notre époque. Le jihâd, Averroès lui consacra un chapitre dans son livre Bidâyat al-Mudjtahid ainsi que dans la Paraphrase de la République de Platon dont est tiré l’extrait suivant :

« Les nations de l’extérieur […] doivent être contraintes. Dans le cas de nations difficiles, cela ne peut se produire que par la guerre. Il en est ainsi dans les lois qui procèdent conformément aux lois humaines, comme dans notre loi divine. Car les chemins qui dans cette loi conduisent à Dieu […] sont au nombre de deux : le premier passe par le discours, le second par la guerre » (Averroès, Commentary on Plato’s Republic,éd Ralph Lerner, Ithaca/Londres,1974, I,VII,11,p.26,14-18)

Ainsi Averroès expose une version orthodoxe de la charia concernant les nations du territoire d’infidélité, la soumission par la conversion ou le combat. Son biographe Al-Ansârî al-Marrâkusî, s’appuyant  sur le témoignage d’un disciple Abûl-Qâsim b. at Taylisân (1179-1244), rapporte qu’Averroès, dans un prêche à la Grande Mosquée de Cordoue, a appelé au jihâd offensif contre les royaumes chrétiens du Nord.

Pour en finir avec le mythe d’un Averroès tolérant, il faut aussi rappeler ce qu’il avait en commun avec les théories nazies sur l’eugénisme : l’élimination des handicapés mentaux. Qu'en pense BHL ?

- Al-Fârâbi, philosophe musulman ayant été une des grandes influences d’Avicenne et Averroès, n’est pas en reste en matière de jihâd. Dans ses Aphorismes (Fusûl), il dresse une liste de 7 raisons justifiant la guerre. En premier lieu vient la guerre défensive, mais le deuxième point évoque la guerre offensive d’appropriation du butin. La troisième raison est fallacieuse, il s’agit de présenter la défaite du vaincu comme un bienfait, l’invitation à l’islam étant forcément positive. La quatrième raison est la conquête de réservoirs à esclaves, de peuples arbitrairement considérés comme de nature servile. 
Un second texte de Fârâbi légitime le jihâd, L’Obtention de la félicité (.Al Fârâbi, Kitâb mabâdi Arâ ahl-al-mâdina al fâdila, éd. Richard Walzer, Oxford,1985). La félicité ne peut  bien sûr être goûtée que par les peuples suivant la voie de l’islam, la voie du bonheur. Dans une orthodoxie islamique parfaite, Fârâbi préconise deux méthodes pour que les peuples de la terre atteignent le bonheur : l’invitation à la conversion, ou pour les récalcitrants, le jihâd. La philanthropie islamique a ses raisons pour apporter la félicité aux peuples du mondes. Le philosophe Al- Fârâbi à la différence de Platon, une de ses influences, ne conçoit donc pas la guerre comme un recours uniquement défensif.

- Fahr ad-Din ar-Razi (1150-1210) a aussi une conception très classique de l'islamisme, Yadh Ben Achour dans son ouvrage cité plus haut explique que  ar-Razi "s'appuie sur un argument de caractère théologico-politique, d'après lequel le Livre indique les normes que Dieu a ordonnées pour parvenir à la justice et à l'équité, la Balance symbolise la direction des hommes vers ces normes, ce qui est l'affaire des princes, enfin le Fer, se transformant en arme de dissuasion, signifie qu'en cas de désobéissance, ces normes lui seront imposées par le Glaive" (page 131). C'est ainsi que dans son célèbre Commentaire du Coran, ar-Razi préconise la mise à mort de l'apostat en cas d'éloignement de la Oumma. Que pense BHL de cette conception de la liberté religieuse ?

La question est maintenant de savoir jusqu'à quand BHL sera considéré comme un philosophe engagé crédible par un système médiatique français complètement kidnappé par une gauche aussi inculte qu'intolérante avec les dissidents de la pensée unique.

Joachim Véliocas, Observatoire de l'islamisation- février 2011. Dernier ouvrage paru : Ces Maires qui courtisent l'islamisme, éditions Tatamis, 2010.

14.02.2011

Les musulmans ont-ils le droit d’apostasier en France ?

Lu sur Enquête et Débat (extrait) :

"Apostasier signifie changer de religion, soit pour une autre religion, soit pour devenir athée. Il est très consensuel aujourd’hui en France de défendre la liberté de conscience, donc le droit à tout être humain de passer librement d’une religion à une autre, voire d’abandonner sa religion. Or personne ne semble être au courant que ce droit fondamental et intrinsèque de notre République est nié officiellement aux musulmans, qui se retrouvent enfermés, qu’ils le sachent ou non, dans l’islam, dès lors qu’ils sont nés musulmans ou même s’ils se convertissent à l’islam. Une information qui remet fondamentalement en cause la relation de la République avec l’islam.

Tout est parti d’un passage d’un livre paru aux Presses Universitaires de France en 2004, et qu’aucun observateur n’a relevé :

« Ce n’est pas un hasard si la mention du droit à changer de religion, dans la charte donnée à signer aux parties prenantes de la Consultation mise en place par Jean-Pierre Chevènement pour créer une instance représentative de l’islam, a suscité une vive réaction de la part de l’UOIF qui en a obtenu le retrait.
[note de bas de page] Déclaration d’Alain Billon, conseiller de Jean-Pierre Chevènement, Islam de France n°8, 2000 : “Le maintien de la mention initiale explicitée et isolée au “droit de changer de religion” a été considéré par eux comme inutile et blessant. Cette objection a été jugée fondée. [fin de la note] [...]
[note de bas de page 25] Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche recommande ainsi aux musulmans d’Europe “d’œuvrer inlassablement en vue d’obtenir des pays dans lesquels ils résident la reconnaissance de l’islam en tant que religion, ainsi que l’exercice – pour les musulmans en tant que minorité religieuse à l’instar des autres minorités religieuses – de tous leurs droits relatifs à l’organisation de leur statut personnel en matière de mariage, de divorce et d’héritage. Il justifie ainsi la condamnation à mort pour celui qui “affiche son apostasie” : “Sa mort vise en fait à protéger la religion et la société [il faut entendre : communauté] de ses méfaits. [...] Les intérêts de l’Etat et de la société [communauté] prévalent sur l’intérêt individuel personnel. Cette question est en vérité similaire à ce que les lois modernes qualifient de “haute trahison”, à la suite des préjudices qui en découlent pour l’intérêt général.” (Recueil de fatwas, série n°1, Youssouf Al Qaradawi, préface et commentaire de Tariq Ramadan, Tawhid, 2002). Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche, basé à Londres, a été créé en 1997 à l’initiative de l’UOIE, équivalent européen de notre UOIF, dont Youssouf Al Qaradawi est le maître à penser. »
L’islam en France, PUF, 2004, pp.24-25

Enquête et Débat a interrogé un responsable de la Grande Mosquée de Paris sur cette question importante VOIR

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23.01.2011

Entretien avec Masri Feki sur la situation des Coptes en Egypte

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Masri Feki, natif du Caire, est chercheur en géopolitique à Paris 8 et auteur de plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient.

- Joachim Veliocas : Masri Feki (son site), vous êtes le fondateur du Middle East Pact, un groupe de pression basé à Paris œuvrant au rassemblement des communautés du Moyen-Orient, en particulier les minorités, autour d’un pacte politique régional. Pouvez-vous nous en dire plus ?

- Masri Feki : Notre projet associatif a pour origine une conviction dans la diversité de la région moyen-orientale. En effet, le Moyen-Orient est loin d’être un bloc monolithique arabo-musulman. Il constitue, au contraire, une mosaïque de cultures et d’ethnies, néanmoins fortement dominée par l’islam arabo-sunnite depuis quatorze siècles. Dans chaque pays de la région, il existe des minorités. Elles peuvent être ethniques : les Kurdes ou les Turkmènes en Irak et en Syrie. Elles peuvent être religieuses : les chrétiens en Syrie ou en Jordanie. Elles peuvent être à la fois ethniques et religieuses : les Assyriens en Irak et en Turquie, les Arméniens au Liban, et d’une certaine manière les Coptes en Egypte. Si l’on tente d’établir des constantes entre toutes ces minorités, on constatera que quelque soit leur taille ou leur proportion, elles subissent globalement un certain nombre de discriminations et elles sont sous-représentées dans les administrations de leurs pays respectifs. Lorsque j’ai expliqué cela au cours d’une conférence donnée à Londres, un journaliste du Guardian m’a reproché d’être excessif dans un article publié le lendemain (1). Il s’est justifié en mentionnant des cas exceptionnels où les Arabes sunnites sont minoritaires mais leur rôle reste prédominant (comme à Bahreïn ou en Irak avant 2003) pour dire que les minorités ne sont pas toujours opprimées au Moyen-Orient. Or, les Arabo-sunnites, même s’ils sont légèrement minoritaires dans ces deux pays (30-40%), sont ultra-majoritaires à l’échelle régionale et leur pouvoir n’aurait pu y perdurer sans l’appui de puissances régionales, et en premier lieu de l’Arabie saoudite et de l’Egypte. Ces cas, très rares et particuliers, ne peuvent être représentatifs de l’état des minorités dans la région, plus que déplorable.

J’ai connu plusieurs pays du Moyen-Orient, notamment l’Egypte où je suis né, et j’ai toujours été frappé par la ressemblance des revendications de leurs minorités, des discriminations auxquelles elles font face et des défis qui pèsent sur elles. Le principal objectif du MEP est de réunir périodiquement des représentants de minorités du Moyen-Orient, pour coordonner leurs actions en diaspora. Il ne s’agit pas de faire bloc contre la majorité musulmane, mais de rapprocher des communautés connaissant les mêmes difficultés et ayant des aspirations semblables. A terme, nous espérons que notre action contribuera, ne serait-ce que très modestement, à un rapprochement plus global entre toutes les composantes de la région.

- Le Monde a interrogé un directeur de recherche au CNRS spécialiste de l’Egypte, Jean-Noël Ferrié, qui affirme que « le gouvernement égyptien est très attentif à ce qui pourrait arriver au Coptes », qu’il est une « erreur de dire que les autorités égyptiennes négligent la menace qui pèse sur les Coptes », quelques jours après que deux policiers aient tué deux Coptes manifestant en faveur de la construction d’une église dans la banlieue du Caire. Ces policiers vont donc être sanctionnés lourdement par les autorités, non ?

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16.06.2010

Apéro pinard interdit : l'échec médiatique du système

 

Quand le système préfère la manifestation de soutien aux inculpés-flingeurs de Villiers-le-Bel du 19 juin (autorisée) plutôt que l'apéro de Sylvie François...                                            

Dans toute cette histoire, les grands perdants sont les pouvoirs publics, et donc en première ligne le gouvernement. Cette histoire d'apéritif n'est que le point d'orgue d'une longue montée en puissance de la vérité, et le système est dépassé par l'émergence d'internet la rendant incontournable.

Le premier échec pour le système fut celle du camouflage d'une réalité -"pas vu pas pris"- révélée par un journaliste amateur et riverain du 18ème arrondissement, Maxime Lépante, qui dans de nombreuses vidéos (vues 800 000 fois!) a démontré que :

- Des milliers de musulmans occupent les rues chaque vendredi, empêchant jusqu'à la circulation des voitures.

- Un service d'ordre musulman, brassard au bras, installe des barrières privatisant ces rues, au grand mépris des lois françaises et des riverains, qui n'ont en somme qu'à habiter ailleurs.

  L'idée de l'apéritif ne fut qu'un révélateur, car cette vérité aurait pu trouver d'autres supports de médiatisation. L'emballage fut il est vrai très séduisant : une jeune riveraine, madame tout le monde, qui (ça devait arriver, le quartier compte des milliers d'habitants) décide de l'ouvrir en reprenant la mode du moment.

Accompagnée par des mouvements républicains de gauche ou identitaires qui ont mis en musique l'opération, Sylvie François disposant alors de nombreux militants, de médias puissants sur la toile (Fdesouche, Novopress...) n'avait plus qu'à garder son naturel pour exprimer son raz-le-bol devant des médias trop heureux d'avoir un sujet potentiellement "buzzable".

Le second échec pour le système fut celui de sous-estimer la sympathie des français pour l'apéritif, les différents sondages donnant un taux de soutien d'environ 80% à Sylvie François. Les Français ne se reconnaissent guère dans Fadela Amara (dont la maîtrise de notre langue est approximative), SOS-Racisme ou Delanoe, mais connaissent en revanche très bien la situation du pays : zones de non-droits, islamisation, etc.

Le système est acculé face à deux options devant lesquelles il ne peut que sortir perdant : une autorisation qui aurait déchainé les bien-pensants controlant les médias, provoqué des émeutes et permis une belle opération de communication pour les organisateurs, ou une interdiction renforçant l'idée que les résistants sont persécutés et que le 2 poids 2 mesures règne au détriment des français de souche.

Le troisième échec du système est donc la défaite de la bataille des réprésentations :

- Les pouvoirs publics autorisent les islamistes à privatiser des rues entières chaque semaine et toute l'année, mais refusent un apéritif sympathique et symbolique de quelques heures : la différence de traitement n'a pas échappé à nos compatriotes.

- Internet est un média qui redistribue les cartes : les partisans de l'apéro ont laminé leurs adversaires, du groupe facebook approchant les 10 000 membres, aux articles ficelés et autres vidéos pédagogiques démontrant facilement la situation.

- Les médias traditionnels, ne pouvant que parler du phénomène vu sa proportion sur la toile, ont été des relais efficaces (malgré eux) dès qu'ils ont donné la parole aux organisateurs.

 Le quatrième échec du système est son aveu d'impuissance face à l'islamisation de quartiers entiers, n'osant envoyer la police faire son travail de peur d'une "bavure". Pour preuve l'Intérieur n'ose interdire une tournée à la gloire de criminels :

  Car pendant ce temps là, une tournée de concerts organisée par un collectif de défense des inculpés de Villiers-le-Bel ayant blessé 30 policiers, sera suivie d'une manifestation publique de solidarité à Pontoise samedi 19 juin prochain. Cette manifestation dans la ville du Député-maire UMP Philippe Houillon est curieusement autorisée, alors qu'elle va réunir tous ceux qui soutiennent les fous de la gachette bientôt devant monsieur le juge le 21 juin prochain dans la même ville.

En résumé, mieux vaut afficher son soutien à ceux qui veulent tuer des policiers représentant l'état qu'afficher son attachement aux traditions françaises.

Incroyable, sidérant, écoeurant.

Manifestation autorisée le 19 à Pontoise (cliquer sur le logo) :

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Joachim Véliocas, directeur de l'Observatoire de l'islamisation  membre du comité de soutien de l'apéro "Saucisson Pinard" 

21.12.2009

Comment fonctionne l'islamiquement correct ?

Par Alexandre del Valle*
  L'affaire des Minarets suisses, comme avant elle les désormais célèbres "affaires du voile", ou affaires des "caricatures de Mahomet", sans oublier le discours du Pape à Ratisbonne en 2006, ont toutes en commun de relever de l'islamiquement correct, version la plus radicale et la plus nettement anti-occidentale du Politiquement correct.

  On peut définir cette idéologie moderne invalidante comme un "système d'autodénigrement et de culpabilisation de masse", un "virus collectif d'auto-destruction et d'auto-flagellation" qui a comme caractéristique, comme tous les virus, de prospérer sur un terrain favori. Lire la suite sur le blog de l'auteur.

Alexandre del Valle est géopolitologue, auteur de nombreux articles et ouvrages dont "Le Totalitarisme Islamiste" et "Le Dilemme Turc" parus aux éditions des Syrtes.

13:17 Publié dans 25- Réflexions, tribunes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alexandre del valle | |  Facebook | |

05.12.2009

Minarets: Alexandre del Valle remet les pendules à l'heure

  Le chercheur Alexandre del Valle (site), spécialiste de l'islamisme, professeur à l'Université européenne de Rome, chercheur associé à l'Institut Choiseul, dénonce l'islamophilie du milieu journalistique parisianiste :

Lu sur le blog de la Droite Libre :

" Depuis le référendum sur les minarets tenu en Suisse, on entend s'élever partout en Europe et dans le monde des voix moralisatrices et islamiquement correctes qui condamnent non seulement la consultation populaire par laquelle les électeurs helvètes ont rejeté les Minarets mais aussi le peuple suisse souverain lui-même, accusé de faire le jeu des partis de droite populistes ou « racistes », d’être devenus intolérants et « islamophobes », etc, « rejeter l’Autre », de remettre en questions les droits de l’Homme, etc.


Quelques observations sur l’indignation à sens unique

La première observation que cet évènement médiatisé à outrance éveille en moi est la suivante : Lorsque le dictateur ou « Guide » de la Jamahariyya socialiste libyenne Muammar Khadafi et son fils ont appelé ces derniers mois à « démembrer la Suisse » (cf discours de Khadafi à l’ONU) ou de « d’atomiser puis rayer de la carte ce pays » (dixit Hannibal Khadafi) sous prétexte que la justice suisse a osé envisager d’appliquer la loi helvétique à Hannibal Khadafi qui avait séquestré et battu des employés de maison (il fut en fait libéré et le Président suisse en personne dut présenter ses excuses officielles…), AUCUNE des voix actuellement tant indignées à propos des minarets interdits en Suisse n’a osé s’élever contre l’une des grandes dictatures du monde, parraine de maints attentats, organisations terroristes et même complice du génocide des Chrétiens et musulmans du Soudan et du Darfour voisins. De même, et il ne s’agit pas là que de mots, lorsque chaque jour des Chrétiens d’Egypte, d’Irak, du Liban, du Soudan, d’Indonésie, du Pakistan et même de la soi-disant laïque et tolérante Turquie sont brimés, humiliés, persécutés ou assassinés par des groupes islamistes, nationalistes ou paragouvernementaux, nos indignés professionnels et autres « anti-racistes » de profession ne brillent pas particulièrement par leur réactivité. Curieusement, lorsque maintes dictatures rouges ou vertes (Cuba, Corée du Nord, Iran, Arabie saoudite, Pakistan, Zinbabwé, etc) trucident leurs minorités ethno-religieuses et les membres de l’opposition lorsque qu’elle peut encore s’exprimer, les médias et les autorités morales de la vieille Europe si vigilante par ailleurs en ce qui concerne les moindres réactions identitaires en Suisse ou en Italie (diabolisation du Gouvernement Berlusconi par exemple) ne bronchent pas. suite

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04.12.2009

Abdelwahab Meddeb: «90% des musulmans actuels sont bêtes»

 Abdelwahab Meddeb, franco-tunisien, enseigne la littérature comparée à l'Université Paris X. Il est aussi professeur invité dans de nombreuses universités (dont Yale et Genève). Il anime l'émission Cultures d'islam sur France Culture.  Il s’est exprimé jeudi matin sans langue de bois sur les ondes de la «Première» pour expliquer pourquoi les Suisses ont voté oui à l’interdiction des minarets et pourquoi près de 50% Français seraient prêts à voter oui à une telle loi.

  Auteur de l'étude très remarquée La maladie de l'islam (Seuil), il n'hésite pas à affirmer que la violence de l'islam dont en premier lieu le jihâd offensif, provient des sources mêmes de la Charia (Coran+Sunna). Bien que de culture musulmane, Meddeb n'est pas pratiquant et ne saurait donc être représentatif d'une pensée libérale toujours introuvable chez les sunnites pratiquants. Penseur nietzchéen, ses références intellectuelles  sont plus les philosophes allemands de la modernité que les oulemas, cadis et autres cheikh incultes...

  Il a dépeint sur la chaîne première, sans état d'âme, les musulmans : «90% des musulmans actuels sont bêtes». Il blâme également la burqa qu’il trouve tout simplement «abominable» et ne veut surtout pas voir les femmes circuler dans les villes dans ces «cercueils verticaux».

Parmi d'autres citations, nous pouvons citer Meddeb dans Libération du 23.9.2006 :"Nous avons à faire à un Prophète qui a été violent, qui a tué et qui a appelé à tuer. La guerre avec les Mecquois fut une guerre de conversion. Il y a eu aussi la guerre avec les juifs et le massacre des juifs à Médine, décidé par le Prophète (...)L'islamisme est, certes, la maladie de l'islam, mais les germes sont dans le texte lui-même. "

Sur la oumma en terre d'islam, dans le Nouvel Observateur du 17.1.2008 :  "La crainte que suscitent les femmes et les étrangers est le signe d'une communauté grégaire fermée sur elle-même, empêtrée dans l'endogamie, la réclusion des femmes, la xénophobie"

 Sur la dangeurosité de la Charia: "Chaque fois qu'il y a contradiction flagrante entre les droits de l'homme et la charia, prééminence doit être donnée aux droits de l'homme. En tous les cas, il importe de faire constater l'incompatibilité et de dénoncer surtout les compromis qu'aucune ruse juridique ne peut soutenir."

                                                

Il fut invité cette année dans un débat télévisé face à Tariq Ramadan :

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